par Gumais Jean Jacques
Mercredi 1er mai 2019 ((rezonodwes.com))– Ce n’est pas le vaccum politique qui effraie plus d’un dans cette société en putréfaction; Mais plutôt le vide que déjà on propose comme alternative ou solution de rechange. Au delà de toutes velléités sociétales louables et ambitions politiques personnelles, les démarches vers la construction d’un Etat de droit moderne, juste et prospère ne sauraient être le couronnement d’une voie creuse, un trou mineux n’ayant ni essence culturelle des cycles générationnels, ni fondements structurels dignes de toute grande révolution transcendentale.
On n’a plus de temps à perdre, le monstre effrayant grandit à chaque seconde qui passe. L’éclatement social est imminent et les risques d’occupation militaire se font sentir. Les considérations de sécurité nationale de l’oncle Sam nous signalent des étincelles de fatigue avec cette éternelle nation encombrante. Mais cette société est nôtre, on ne peut la troquer ni la vendre. Ses composantes structurelles faites de groupes organisés, d’institutions étatiques et celles de la société civile, ne sont que le fruit de l’ensemble culturel ou le commun Haïtien. Pivoter dans une dynamique de changement sociétal ne peut être une affaire élitiste d’un grand magnat qui impose » du gros sous » et « repentance non éprouvée » comme évangile du dernier temps à un peuple assoiffé de salut intégral et réparations historiques.
La complexité des défis haïtiens est si immensément enracinée dans notre passé de peuple et notre présent international, on ne saurait nous lier aveuglement à un quelconque projet sans poser les jalons d’une entente nationale et les bases idéologiques du repositionnement haïtien par rapport au contexte géopolitique actuel.
Sur le plan interne :
L’émancipation d’une élite économique noire, la protection des investissements étrangers et l’intégration de la diaspora haïtienne dans le secteur économique national;
La redistribution des richesses et la cartographie des propriétés foncières, la promotion sociale et l’accès au leadership managérial dans les entreprises traditionnelles haïtiennes;
La question de la réforme fiscale et budgétaire, l’autonomie administrative et financière des collectivités;
Un plan national de développement régional intégré et un plan de développement rural ou communautaire pour chaque commune;
Le procès PetroCaribe;
La nouvelle constitution et l’adoption du régime présidentiel.
Au niveau international :
Le dossier du Venezuela dans ce contexte géopolitique régional;
La redéfinition de nos relations avec les Etats-Unis;
La dette de l’indépendance et la Francophonie;
Nos rapports avec l’Afrique et les nouveaux riches du Moyen Orient;
La perspective Chinoise, opportunités et enjeux, etc…
De cette réalité indéniablement monstrueuse, ne serait-il pas sage de reconsidérer les directives partisanes de folie? Les enthousiasmes de changement au dessein trompeur?
En effet, le momentum est idéal, l’audace opportuniste est louable mais Mr. Boulos, le prophète de la troisième voie doit convaincre sur son passé, témoigner en actions sa sincérité, rallier les couches saines de la classe moyenne, répudier ces quelconques leaders communautaires et composer avec une partie de sa propre classe.
Il doit inéluctablement se recomposer en Homme d’Etat et non pas en « Messie Machiaveliste » dont le vieil homme n’a pas été crucifié et la glorification recherchée ne serait pas haïtienne mais plutôt personnelle ou clanique au profit des nos éternels bandits en col blanc.
Gumais Jean Jacques,
AvMPjjgumais@gmailcom

