25 octobre 2026
« Sommes-nous encore dirigés ? » : le diplomate Edmond Bocchit accuse le gouvernement Fils-Aimé de laisser les étrangers parler au nom d’Haïti
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« Sommes-nous encore dirigés ? » : le diplomate Edmond Bocchit accuse le gouvernement Fils-Aimé de laisser les étrangers parler au nom d’Haïti

« Sommes-nous encore dirigés ? » : l’ancien ministre et ambassadeur Edmond Bocchit dénonce le silence de Fils-Aimé, tandis que Bukele informe les Haïtiens sur leur propre territoire

— PORT-AU-PRINCE, 25 octobre 2026 — « Où sont les autorités de mon pays ? Sommes-nous encore dirigés ? » Cette double interrogation de Bocchit Edmond, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien ambassadeur d’Haïti à Washington, traduit son indignation face au silence du gouvernement sur la disparition de quatre militaires salvadoriens à Croix-des-Bouquets et la découverte de plusieurs dépouilles humaines.

« Quatre soldats étrangers de la @GSForceHaiti disparaissent à Croix-des-Bouquets, à 12 km de la capitale. @UN se réunit d’urgence. @StateDept s’exprime. @nayibbukele communique. @luisabinader offre son aide à El Salvador. Le gouvernement haïtien, lui ? Muet », écrit le diplomate sur X.

« Pas un communiqué sur les recherches en cours, pas une mise au point pour la population sur les corps retrouvés. Rien », poursuit-il. Une dénonciation qui interroge directement la responsabilité de la Primature, tenue d’informer la nation sur les opérations militaires conduites sur son territoire.

Concernant les quatre dépouilles récemment récupérées, le président salvadorien Nayib Bukele a affirmé qu’elles n’appartenaient pas aux militaires disparus. Parmi les restes figureraient ceux d’un enfant et d’une personne portant des effets militaires étrangers. Qui sont ces victimes ? Dans quelles circonstances ont-elles trouvé la mort ? Pourquoi le gouvernement haïtien ne fournit-il aucune explication détaillée ?

Des informations non confirmées évoquent également la disparition d’un autre membre de la Force de répression des gangs (FRG), dont le corps n’aurait jamais été retrouvé à Croix-des-Bouquets. Si elles sont établies, pourquoi la nation n’en aurait-elle pas été officiellement informée ?

« Nous apprenons ce qui se passe chez nous par @nytimes, @AP, et @WSJ etc. », déplore Bocchit Edmond, avant cette interrogation : « Quand un État laisse les autres parler à sa place, que reste-t-il de sa souveraineté ? »

À cette confusion s’ajoute l’incertitude entourant les déplacements du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé depuis jeudi 22 octobre. Certaines sources évoquent Washington, d’autres le Mexique, où il aurait effectué un déplacement familial. Aucune de ces destinations n’ayant été officiellement confirmée dans les éléments disponibles, la prudence s’impose. Où se trouve le chef du gouvernement et pourquoi la Primature ne clarifie-t-elle pas publiquement son agenda ?

Parallèlement, les perspectives d’organisation des élections du 13 décembre 2026 s’amenuisent. Le CEP poursuit pourtant ses activités, tandis que Michel Martelly, ancien président visé par des sanctions internationales liées notamment à des accusations de soutien aux gangs, cherche à revenir au pouvoir. Son dossier devra être examiné conformément aux exigences constitutionnelles, sans préjuger de son éligibilité.

« Gouverner, ce n’est pas occuper des bureaux et attendre que ça passe », rappelle Bocchit Edmond. L’ancien ambassadeur insiste : « Un peuple en guerre contre les gangs mérite des réponses, pas du silence. »

Sa démarche témoigne d’une responsabilité citoyenne qui contraste avec le déficit de communication qu’il reproche aux autorités. Bukele informe ses compatriotes, Abinader propose son assistance, les médias étrangers documentent les opérations. Pendant ce temps, les Haïtiens attendent des réponses de leurs propres dirigeants.

« Où sont les autorités de mon pays ? Sommes-nous encore dirigés ? » La dernière interrogation du diplomate ne concerne plus seulement l’efficacité du gouvernement. Elle touche à la légitimité de l’exercice du pouvoir et à l’obligation de rendre compte.

Car si les dirigeants étrangers expliquent aux Haïtiens ce qui se passe chez eux, tandis que leurs propres autorités demeurent silencieuses, qui exerce réellement les responsabilités de l’État ?

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