Trujillo, mort depuis 65 ans, invoqué dans l’affaire des munitions dominicaines aux mains des gangs
SATO DOMINGO, 10 octobre 2026 – Le ministre dominicain des Affaires étrangères, Víctor « Ito » Bisonó, a invoqué vendredi l’époque du dictateur Rafael Leónidas Trujillo, assassiné en 1961, pour expliquer l’ancienneté de certaines munitions militaires dominicaines retrouvées aux mains de gangs armés haïtiens.
Le chef de la diplomatie dominicaine a affirmé que des cartouches de calibre .50 remontaient à plus de cinquante ans, sans pouvoir déterminer les circonstances de leur acheminement vers Haïti. Cette explication a provoqué des réactions ironiques, notamment celle du commentateur dominicain Luis Cab, qui présente, par dérision, Trujillo comme le fournisseur des groupes armés haïtiens.
Sur le réseau social X, Luis Cab a également écrit : « Cette amitié avec des hommes d’affaires haïtiens a coûté cher à la République dominicaine », une allusion aux relations économiques entre les deux pays, sans désigner de responsables ni présenter de preuves d’une implication de ces entrepreneurs dans le trafic.
Le rapport des experts de l’ONU, publié le 8 septembre, établit toutefois que les munitions dominicaines identifiées auprès des gangs ne datent pas toutes de l’époque de Trujillo. Certaines remontent aux années 1950, tandis que d’autres, portant le marquage de l’armée dominicaine, ont été fabriquées en 2022. Les enquêteurs ont également documenté le détournement de 908 001 articles, principalement des munitions, des stocks de la police dominicaine.
L’ancienneté des cartouches ne permet donc pas, à elle seule, de déterminer la date de leur passage en Haïti. Les investigations devront établir les circuits de distribution, les éventuelles complicités et les responsabilités dans l’approvisionnement des groupes criminels, tandis que les autorités dominicaines affirment collaborer avec les Nations unies.
Sources : Diario Libre, 9 octobre 2026 ; ONU, rapport S/2026/714, annexe 18 ; Publication de Luis Cab sur X.

