ORANGE (France), 15 septembre 2026 — Emmanuel Macron a officiellement lancé mardi le nouveau service national militaire français lors d’une cérémonie organisée sur la base aérienne 115 d’Orange, dans le Vaucluse. Une centaine de volontaires étaient réunis devant le chef de l’État, tandis que le programme prévoit 3 000 jeunes sélectionnés à l’échelle nationale pour sa première année de fonctionnement.
Cette distinction numérique permet d’éviter toute confusion : les 3 000 volontaires ne participaient pas à la cérémonie d’Orange. Ils constituent l’objectif national de la première promotion, répartie entre les différentes composantes des forces armées. Le dispositif doit ensuite monter progressivement en puissance : Emmanuel Macron avait fixé un objectif de 10 000 jeunes incorporés en 2030, puis 50 000 en 2035, sous réserve de l’évolution du contexte stratégique.
La première promotion a été placée sous le nom d’Henri Fertet, jeune résistant français exécuté par les forces allemandes en septembre 1943 à l’âge de 16 ans. Par ce choix mémoriel, l’Élysée associe le lancement du dispositif aux notions de résistance, d’engagement national et de transmission entre générations.
Le nouveau service repose sur le volontariat et ne rétablit donc pas le service militaire obligatoire suspendu à la fin des années 1990. Il doit permettre aux jeunes d’acquérir une formation militaire et d’occuper certaines fonctions au sein des armées avant, selon leur choix, de reprendre leurs études, d’intégrer la vie professionnelle, de rejoindre la réserve opérationnelle ou de solliciter un engagement dans l’armée d’active.
L’exécutif présente également cette réforme comme un instrument destiné à épaissir les capacités humaines des forces françaises. Macron avait expliqué que son objectif était de construire un modèle associant armée d’active, réservistes et jeunes du service national, dans un environnement stratégique européen profondément transformé par la guerre en Ukraine et les tensions internationales.
Le programme représente aussi un engagement budgétaire substantiel. En janvier, le président avait indiqué que la programmation militaire prévoyait plus de deux milliards d’euros pour le service national sur la période 2026-2030, notamment pour l’encadrement, l’hébergement, les infrastructures et la formation des nouvelles recrues.
À quelques mois de la présidentielle de 2027, à laquelle Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter, le lancement du service national constitue ainsi l’un des derniers grands chantiers institutionnels et militaires de son second mandat. Reste désormais l’épreuve de la montée en puissance : transformer la première cohorte de 3 000 volontaires en un dispositif susceptible d’en accueillir plusieurs dizaines de milliers sans affaiblir les capacités opérationnelles et budgétaires de l’armée professionnelle.

