Les conséquences de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage continuent d’alimenter les inégalités et le racisme systémiques, a estimé lundi le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD).
À l’occasion de la Journée internationale des personnes d’ascendance africaine, les experts ont appelé les Etats à aller au-delà des reconnaissances officielles et des excuses, en mettant en place des mesures concrètes de réparation.
Le CERD recommande notamment des indemnisations, des restitutions, des programmes de réhabilitation ainsi que des réformes destinées à empêcher la persistance des discriminations. Il préconise l’adoption de plans nationaux assortis d’échéances précises et élaborés avec la participation des populations concernées.
Pour les experts, le temps écoulé depuis les crimes liés à l’esclavage ne doit pas empêcher les Etats de reconnaître leurs responsabilités ni d’engager des mécanismes de réparation. Ils demandent également de revoir les lois et politiques susceptibles de perpétuer les discriminations raciales.
Le Comité met par ailleurs en cause la responsabilité d’acteurs privés ayant participé à la traite, l’ayant facilitée ou en ayant tiré profit, notamment des entreprises, banques, assureurs, universités et organisations religieuses.
Il souhaite que ces institutions reconnaissent leur rôle historique, facilitent l’accès aux archives et contribuent aux réparations en fonction de leur implication et des bénéfices tirés de l’esclavage.
Le CERD estime que cet héritage se manifeste encore dans des écarts persistants en matière d’éducation, de santé, de mobilité économique et de sécurité environnementale, ainsi que dans les violences et discriminations visant les personnes noires.

