3 septembre 2026
Déportations vers Haïti : le silence troublant de Raina Forbin face à une crise humaine et diplomatique
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Déportations vers Haïti : le silence troublant de Raina Forbin face à une crise humaine et diplomatique

Alors que les États-Unis poursuivent les vols de déportation vers Haïti, le gouvernement haïtien reste étonnamment discret sur les conditions entourant le retour forcé de ses ressortissants. Les autorités ont gardé le silence pendant plusieurs semaines malgré l’arrivée successive de dizaines de personnes expulsées. Cette absence d’explications publiques interpelle particulièrement la ministre des Affaires étrangères et des Cultes, Raina Forbin, dont la responsabilité consiste précisément à défendre les intérêts des citoyens haïtiens dans les relations avec les gouvernements étrangers. 

Ce mutisme est d’autant plus préoccupant que les personnes rapatriées reviennent dans un pays ravagé par la violence armée, la pauvreté et une crise humanitaire sans précédent. Le premier vol majeur suivant la suppression du statut de protection temporaire avait transporté plus de 160 personnes vers le Cap-Haïtien, l’aéroport de Port-au-Prince étant jugé trop dangereux. Certains expulsés étaient même nés à l’étranger et ont été envoyés en Haïti en raison de l’origine haïtienne de l’un de leurs parents. Malgré la gravité de ces situations, aucune stratégie diplomatique claire ni dispositif durable de réintégration n’a été présenté à la population.

Raina Forbin multiplie les rencontres internationales et les déclarations sur la coopération, la stabilité et le redressement du pays, mais sa diplomatie semble étrangement effacée lorsque les droits et la sécurité des migrants haïtiens sont directement menacés. Où sont les protestations officielles, les négociations sur les modalités de rapatriement et les garanties exigées pour protéger les personnes renvoyées ? Une chancellerie responsable ne peut se limiter à accueillir passivement les décisions étrangères : elle doit informer la nation, défendre ses ressortissants et obtenir des mécanismes d’accompagnement dignes, particulièrement lorsque les États-Unis eux-mêmes déconseillent tout voyage en Haïti en raison de l’insécurité.

Le silence de la ministre ressemble ainsi moins à de la prudence diplomatique qu’à une démission politique devant une urgence nationale. Le gouvernement doit publier le nombre exact de personnes rapatriées, leur statut, les accords conclus avec Washington ainsi que les ressources prévues pour leur accueil et leur réinsertion. À défaut de transparence et d’une position ferme, Raina Forbin donnera l’image d’une ministre davantage présente dans les cérémonies et les forums internationaux que dans la défense concrète des Haïtiens exposés aux expulsions. La diplomatie ne se mesure pas au nombre de rencontres organisées, mais à sa capacité de protéger effectivement les citoyens et de faire respecter la dignité du pays.

Guyno DUVERNE 

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