WASHINGTON — La Cour suprême des États-Unis, divisée, a autorisé lundi l’administration Trump à poursuivre la construction de son « Ballroom », un projet évalué à 400 millions de dollars, pendant que se poursuivent devant les juridictions fédérales les recours contestant sa légalité.
La décision de la haute juridiction écarte, pour l’instant, l’effet d’une ordonnance d’un tribunal inférieur imposant l’arrêt du chantier. Les juges fédéraux avaient estimé que l’Exécutif ne pouvait entreprendre un projet de cette ampleur sans autorisation du Congrès. Le contentieux porte ainsi sur l’étendue des prérogatives présidentielles face aux compétences constitutionnelles et budgétaires du pouvoir législatif.
Le National Trust for Historic Preservation, à l’origine du recours, affirme que Donald Trump ne dispose d’aucune autorité unilatérale pour conduire ces transformations, qui ont notamment entraîné la démolition de l’aile Est de la Maison-Blanche. Ses avocats accusent l’administration d’accélérer les travaux afin de créer une situation matériellement difficile à inverser avant qu’une décision définitive ne soit rendue.
La Maison-Blanche défend, au contraire, une conception extensive des pouvoirs du président en matière de rénovation des bâtiments fédéraux. Le gouvernement invoque également des considérations de sécurité nationale, affirmant devant les tribunaux que l’achèvement du complexe répond à des impératifs stratégiques. Cet argument n’avait toutefois pas occupé une place centrale lors de l’annonce initiale du projet, présenté comme devant être financé par des dons privés.
Selon les documents judiciaires, les équipes travaillent jusqu’à 20 heures par jour sur cette salle de réception d’environ 90 000 pieds carrés (8 400 m²). La structure devrait être achevée en novembre, une grande partie de la façade en avril, tandis que la fin complète du chantier est annoncée pour août 2028.
La décision de la Cour suprême ne constitue cependant pas un jugement définitif sur la légalité du « Ballroom ». Le dossier retourne devant les juridictions inférieures, où devra être tranchée la question centrale : jusqu’où un président peut-il transformer un bâtiment fédéral aussi emblématique que la Maison-Blanche sans autorisation préalable du Congrès ?
Source : Associated Press (AP) / The Independent

