8 août 2026
USA | Immigration : ICE surveille désormais près de 54 000 migrants par bracelets GPS, les Haïtiens exposés après la fin du TPS
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USA | Immigration : ICE surveille désormais près de 54 000 migrants par bracelets GPS, les Haïtiens exposés après la fin du TPS

WASHINGTON — Près de 54 000 migrants aux États-Unis sont désormais placés sous surveillance permanente au moyen de bracelets électroniques GPS administrés pour l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), contre environ 17 000 au début de 2025, selon des données communiquées par The GEO Group, société mère de BI Inc., opérateur du programme fédéral Intensive Supervision Appearance Program (ISAP), rapporte The Guardian.

Le nombre total de personnes inscrites à l’ISAP demeure pourtant relativement stable, autour de 184 000. Le changement tient principalement à la méthode de contrôle : l’administration fédérale transfère davantage de migrants des systèmes de vérification par téléphone ou application vers les bracelets GPS, considérés comme une forme de surveillance plus intensive. Plus de 127 000 personnes utilisent également SmartLink, application combinant reconnaissance faciale et localisation. Selon les données citées, le bracelet coûte à ICE un peu plus de 2 dollars par personne et par jour, contre environ 0,96 dollar pour SmartLink.

Cette évolution possède aussi une dimension économique. BI Inc. appartient à GEO Group, important opérateur privé du secteur carcéral américain. Son PDG, George Zoley, a indiqué aux investisseurs que le passage vers des technologies de surveillance plus coûteuses pourrait accroître les revenus tirés du contrat ISAP même si le nombre global de participants demeure stable. GEO Group avait annoncé dès 2025 un investissement de 16 millions de dollars destiné à augmenter considérablement son stock de dispositifs GPS.

La généralisation des bracelets fait parallèlement l’objet d’une action collective en justice contre ICE. Des organisations de défense des immigrants contestent une politique qu’elles décrivent comme celle des « ankle monitors for all », estimant qu’une surveillance GPS continue et en temps réel serait imposée sans justification individualisée suffisante ni mécanisme effectif permettant aux personnes concernées d’en contester les modalités.

Pour les ressortissants haïtiens, cette évolution intervient dans un contexte particulièrement sensible. La suppression du Temporary Protected Status (TPS) d’Haïti pourrait exposer plusieurs centaines de milliers de personnes à différentes procédures d’application du droit migratoire, selon leur statut individuel et l’évolution du contentieux. Cela ne signifie toutefois pas que les anciens bénéficiaires du TPS seront automatiquement équipés d’un bracelet électronique : l’inscription à l’ISAP et le niveau de surveillance dépendent des procédures et décisions migratoires applicables à chaque dossier.

L’enjeu dépasse ainsi la seule politique d’expulsion. Une infrastructure technologique capable de suivre simultanément des centaines de milliers de personnes est progressivement consolidée aux États-Unis, tandis qu’une entreprise privée tire des revenus directement liés au degré d’intensité du contrôle imposé. À partir de quel seuil une alternative à la détention devient-elle un régime de surveillance numérique de masse ? Et quelles garanties juridictionnelles doivent accompagner une géolocalisation gouvernementale permanente lorsque la personne surveillée n’est pas détenue ?

Source principale : The Guardian, Johana Bhuiyan, 7 août 2026 ; données ICE et déclarations de The GEO Group citées par le journal.

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