4 août 2026
« Simulacre de concertation » du ministre Déméro sur la rentrée scolaire 2026-2027, dénoncé par des syndicalistes 
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« Simulacre de concertation » du ministre Déméro sur la rentrée scolaire 2026-2027, dénoncé par des syndicalistes 

À quelques semaines de la réouverture des classes, le climat entre le ministère de l’Éducation nationale et plusieurs organisations syndicales d’enseignants se tend davantage. Dans une lettre ouverte datée du 1er août 2026, les syndicats UNNOH, CENEH et CUTRASEPH accusent le ministère d’avoir organisé un simple exercice de communication lors de la « Journée d’échanges sur la rentrée scolaire 2026-2027 », tenue le 31 juillet à l’hôtel Karibe, au lieu d’une véritable concertation avec les acteurs du système éducatif. 

Les trois organisations affirment avoir participé à cette rencontre dans l’espoir d’échanger directement avec les autorités sur les principaux défis de la prochaine année académique. Elles estiment toutefois que les objectifs annoncés dans la lettre d’invitation n’ont jamais été respectés. 

Selon les syndicats, la rencontre, présentée comme un espace de dialogue autour de la transformation curriculaire, de l’amélioration des conditions d’apprentissage et de la préparation de la rentrée scolaire, s’est finalement limitée à une succession d’exposés institutionnels, sans véritable possibilité d’intervention pour les représentants des enseignants. 

Une concertation jugée inexistante

Au cœur de la dénonciation figure l’absence de débats entre les partenaires sociaux et les autorités éducatives. Les signataires affirment qu’aucune séance de discussion bilatérale n’a été organisée malgré les engagements contenus dans l’invitation officielle.

Ils soutiennent que les organisations syndicales ont été réduites au rôle de simples spectatrices alors qu’elles espéraient pouvoir présenter les préoccupations du personnel enseignant, formuler des propositions et participer à la recherche de solutions pour une rentrée scolaire apaisée. 

Pour les syndicats, cette approche constitue un véritable « déni de dialogue social », incompatible avec les principes d’une gouvernance participative du système éducatif. 

Les revendications des enseignants laissées sans réponse

La lettre souligne également que plusieurs dossiers majeurs n’ont pas été abordés lors de la rencontre.

Les organisations dénoncent notamment :

Le non-respect de l’Accord du 20 janvier 2025 ;

La situation des enseignants qui continuent de travailler sans rémunération ;

La dégradation des conditions de travail ;

Les conséquences de l’insécurité sur les établissements scolaires ;

Les déclarations jugées irrespectueuses envers les enseignants et les inspecteurs ;

La hausse des frais de scolarité dans plusieurs établissements privés. 

Selon les signataires, ces questions constituent pourtant les véritables priorités à traiter avant la rentrée des classes.

Les ONG mises en avant au détriment des partenaires sociaux

Autre point soulevé dans la correspondance : la place importante accordée aux organisations non gouvernementales au cours de la journée.

Les syndicats reconnaissent l’utilité des projets présentés par ces partenaires techniques, mais estiment que ceux-ci ne peuvent se substituer aux responsabilités de l’État ni remplacer un dialogue avec les représentants des enseignants. Ils considèrent que la multiplication des présentations techniques a davantage renforcé l’impression d’une activité de communication que d’un véritable cadre de concertation. 

Une critique de la gouvernance du ministère

Au-delà de la rencontre du 31 juillet, la lettre remet en question la méthode de gouvernance du ministère.

Les organisations syndicales reprochent au ministère de privilégier une logique où les partenaires sociaux sont informés des décisions sans être associés à leur élaboration.

Elles rappellent que les enseignants ne peuvent être considérés comme de simples exécutants des politiques publiques, mais comme des acteurs essentiels de toute réforme éducative durable.

Selon elles, marginaliser les représentants du personnel enseignant risque d’affaiblir davantage un système éducatif déjà confronté à de multiples crises. 

Les syndicats réclament une nouvelle concertation nationale

Face à cette situation, les trois organisations demandent au ministre Vijonet Déméro de convoquer rapidement une véritable journée nationale de concertation.

Elles souhaitent que cette rencontre réunisse, dans un cadre participatif, les organisations syndicales, les directions d’établissements scolaires, les associations de parents d’élèves, les partenaires techniques et financiers ainsi que l’ensemble des composantes de la communauté éducative afin d’élaborer une feuille de route commune pour la rentrée scolaire. 

Les syndicats estiment qu’une telle initiative permettrait de restaurer la confiance entre le ministère et les partenaires sociaux.

Un avertissement avant la rentrée scolaire

Les organisations signataires préviennent qu’en l’absence d’un dialogue réel et du respect des engagements déjà pris, les frustrations du personnel enseignant risquent de s’accentuer.

Elles estiment qu’une rentrée scolaire ne peut être préparée uniquement à travers des annonces officielles, mais qu’elle exige des mesures concrètes répondant aux préoccupations des enseignants et de l’ensemble de la communauté éducative.

Tout en réaffirmant leur disponibilité pour participer à un processus de concertation fondé sur le respect mutuel, la transparence et la recherche de solutions durables, elles avertissent que l’absence persistante de dialogue pourrait compromettre le climat social nécessaire au bon déroulement de l’année scolaire 2026-2027. 

La lettre ouverte est signée par Josué Mérilien (UNNOH), Jean-Mary Ferdinand (CENEH) et Esther Eloy (CUTRASEPH).

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