6 août 2026
New York | Fin du TPS : les soignants haïtiens partent, les maisons de retraite face au vide
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New York | Fin du TPS : les soignants haïtiens partent, les maisons de retraite face au vide

Fin du TPS : le départ forcé de soignants haïtiens fragilise les maisons de retraite de New York

NEW YORK, 6 août 2026 — La fin du Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens commence à produire ses premiers effets sur le système de soins de longue durée de l’État de New York, où plusieurs établissements redoutent une aggravation de la pénurie de personnel, rapporte Gothamist.

À Cabrini, une maison de retraite du comté de Westchester, sept employés haïtiens à temps plein ont déjà dû être licenciés après avoir perdu leur autorisation légale de travailler aux États-Unis. La majorité exerçait comme aides-soignants, assurant quotidiennement l’alimentation, la toilette et l’accompagnement de résidents âgés.

Simone Smith, responsable des ressources humaines de l’établissement, décrit leur départ comme un « vide » que l’institution aura beaucoup de difficultés à combler. Le secteur des maisons de retraite souffrait déjà d’une pénurie chronique de personnel avant même la disparition du statut migratoire permettant à ces travailleurs haïtiens d’occuper légalement leur emploi.

La situation pourrait avoir une portée considérable à New York. Selon une étude de KFF citée par Gothamist, les immigrés constituent environ 30 % des travailleurs fournissant directement des soins aux États-Unis, notamment les aides à domicile, auxiliaires de vie et aides-soignants. Dans l’État de New York, leur proportion atteint environ 60 %. À l’échelle nationale, les Haïtiens représenteraient à eux seuls 6 % de cette main-d’œuvre.

Stephen Hanse, président de la New York State Health Facilities Association, avertit que la disparition du TPS pourrait réduire davantage les effectifs disponibles au moment même où la population de plus de 65 ans connaît une forte progression. Son organisation représente plus de 450 maisons de retraite et établissements d’assistance à travers l’État.

Au problème numérique s’ajoute celui de la continuité des soins. Les professionnels concernés accompagnent parfois les mêmes personnes âgées pendant plusieurs années et acquièrent une connaissance précise de leurs habitudes, de leur alimentation, de leur langue et de leur environnement culturel. Pour certains patients souffrant de déficiences cognitives, la disparition soudaine d’un soignant familier peut profondément perturber leur prise en charge.

Gothamist rapporte notamment le cas d’une Haïtienne de 91 ans vivant dans le Queens, assistée par une compatriote désormais privée du bénéfice du TPS. Cette dernière surveille notamment son diabète, sa tension artérielle et son alimentation, l’aide pour ses courses et sa lessive et communique avec elle principalement en créole. La famille estime qu’un remplacement offrant une relation linguistique et culturelle comparable serait difficile à trouver.

La suppression du TPS concerne plus de 300 000 ressortissants haïtiens aux États-Unis, dont environ 40 000 dans l’État de New York, selon les données citées par le média. Les protections ont expiré le 27 juillet, après que la Cour suprême eut ouvert en juin la voie à leur suppression par l’administration Trump.

Washington affirme que le programme a fait l’objet d’abus et que les circonstances justifiant son maintien ne sont plus réunies. Cette position demeure contestée par les défenseurs des migrants, qui observent notamment que les autorités américaines continuent parallèlement de déconseiller à leurs ressortissants de se rendre en Haïti en raison de l’insécurité.

La fin du TPS ne constitue donc plus uniquement une question de droit migratoire. À New York, elle devient aussi une question de capacité hospitalière et médico-sociale : qui remplacera les milliers de travailleurs haïtiens dont dépend une partie des personnes âgées, malades ou dépendantes de l’État ?

Source : Arya Sundaram, Gothamist, 6 août 2026.

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