L’autorité de l’État ne se reconquiert pas autour d’une table de conférence, encore moins dans l’architecture soignée d’un communiqué de presse. Elle se manifeste lorsque la loi devient la première discipline du pouvoir lui-même. Un État qui réclame l’obéissance de ses citoyens sans s’astreindre à ses propres règles ressemble à un architecte qui prétend reconstruire une maison en retirant d’abord ses fondations. La puissance publique ne réside ni dans le vocabulaire institutionnel ni dans la multiplication des réunions stratégiques ; elle s’enracine dans la fidélité aux normes qui lui confèrent son existence.
Le texte publié par la Primature déroule un lexique désormais familier : coordination stratégique, stabilité institutionnelle, restauration de l’autorité, sécurité nationale, élections crédibles. Cette grammaire gouvernementale possède une particularité : elle promet constamment le lendemain sans répondre aux interrogations du présent. L’État ne se réduit pourtant pas à un récit. Il constitue un ordre juridique. Lorsque ce socle apparaît fragilisé par des actes contestés ou des décrets débattus, chaque proclamation officielle risque de perdre sa densité et de devenir un simple exercice de communication politique.
La sécurité ne peut être détachée de la légalité. Neutraliser des groupes armés demeure une mission régalienne. Mais restaurer l’État suppose également que le détenteur du pouvoir accepte d’être le premier justiciable des règles qu’il invoque. C’est là que se mesure la différence entre l’autorité et la domination. L’une procède de la confiance que suscite le droit ; l’autre s’appuie sur la seule capacité d’imposer des décisions. L’histoire politique enseigne que les institutions durables ne naissent jamais d’un déséquilibre entre ces deux exigences.
À force de proclamer le retour de l’autorité sans convaincre que le droit demeure son unique boussole, le pouvoir court le risque de transformer chaque communiqué en chambre d’écho. Les mots circulent, les engagements s’accumulent, mais le pays continue d’attendre le signe le plus élémentaire d’un État pleinement rétabli : celui qui accepte d’abord de se soumettre aux lois qu’il demande ensuite à chacun de respecter. C’est à cette condition que la souveraineté cesse d’être un slogan diplomatique pour redevenir une réalité institutionnelle.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Restauration de l’autorité de l’État : le Gouvernement renforce la coordination stratégique pour garantir la sécurité nationale
Port-au-Prince, le 5 août 2026.— À la suite de sa rencontre bilatérale avec le nouveau Chargé d’affaires a.i. des États-Unis d’Amérique en Haïti, Monsieur David Howell, le Premier ministre, S.E.M. Alix Didier Fils-Aimé, a présidé une réunion stratégique de haut niveau consacrée au renforcement de la sécurité nationale, à la restauration de l’autorité de l’État et à la consolidation de la stabilité institutionnelle.
Prenant part à cette importante rencontre, Monsieur David Howell, nouveau Chargé d’affaires a.i. des États-Unis d’Amérique en Haïti, a échangé avec le Premier ministre et les principales autorités nationales et internationales engagées dans la réponse sécuritaire, notamment les responsables de la Force de répression des gangs déployée en Haïti, aux côtés de la Police nationale d’Haïti et des Forces Armées d’Haïti.
Cette concertation stratégique a permis d’examiner l’évolution de la situation sécuritaire, d’évaluer les actions opérationnelles en cours et de renforcer les mécanismes de coordination entre les différentes forces mobilisées pour rétablir durablement la paix publique.
Les discussions ont porté sur la nécessité d’une réponse coordonnée, efficace et durable face aux groupes armés, sur le renforcement des capacités opérationnelles, ainsi que sur les mesures indispensables à la protection des populations et à la restauration pleine et entière de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Le Premier ministre a réaffirmé que la sécurité demeure la priorité absolue du Gouvernement et le socle indispensable à la stabilité politique, à la reprise économique et au renforcement des institutions démocratiques. Il a souligné que le retour durable de la sécurité constitue une condition essentielle pour permettre l’organisation d’élections libres, crédibles, transparentes et inclusives, garantissant au peuple haïtien l’exercice souverain de son droit de choisir ses dirigeants.
Le Chef du Gouvernement a salué l’engagement renouvelé des partenaires internationaux aux côtés d’Haïti et a insisté sur l’importance d’une coopération stratégique fondée sur la responsabilité partagée, le respect de la souveraineté nationale et l’efficacité des actions engagées sur le terrain.
Cette rencontre de haut niveau traduit la détermination des autorités haïtiennes et de leurs partenaires à unir leurs efforts pour restaurer la sécurité, consolider la stabilité nationale et ouvrir une nouvelle étape fondée sur la paix, la démocratie et l’espoir pour le peuple haïtien.
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