Le Collectif des Organisations Écologiques d’Haïti (COE-H) appelle les autorités haïtiennes, l’UNESCO et les partenaires internationaux à intervenir d’urgence pour enrayer la dégradation de la Forêt des Pins, première réserve de biosphère du pays reconnue par l’UNESCO en 2012.
Dans un communiqué, le collectif affirme que des observations effectuées le 5 juillet font état d’une intensification de l’exploitation illégale du bois et du défrichement par brûlis, destinés à l’expansion des activités agricoles. Selon lui, ces pratiques accélèrent la disparition du couvert forestier, fragilisent les sols et menacent les ressources en eau.
Le COE-H rappelle que cette aire protégée, classée zone réservée en 1937 et couvrant initialement près de 40 000 hectares, ne compterait plus aujourd’hui que moins de 5 000 hectares, soit une perte estimée à près de 90 % de sa superficie.
L’organisation estime également que la crise sécuritaire et les déplacements de population vers le Sud-Est accentuent la pression sur les espaces forestiers, notamment dans les communes de Fonds-Verrettes, Thiotte, Grand-Gosier, Belle-Anse, Anse-à-Pitres, Marigot, Cayes-Jacmel et Jacmel, où de nouvelles implantations s’étendent, y compris à proximité de la réserve.
Le collectif exprime aussi son inquiétude face à la dégradation du Parc national La Visite, qui subirait des pressions similaires liées aux coupes de bois, aux brûlis et à l’expansion agricole.
Le COE-H préconise la création d’un comité national d’urgence réunissant les autorités, les collectivités territoriales, les universités et la société civile, le déploiement d’un dispositif permanent de surveillance, l’élaboration d’un plan d’aménagement du territoire pour limiter la pression sur les espaces protégés et la mobilisation de financements destinés à la restauration des écosystèmes et des sources d’eau.
Le collectif regroupe plusieurs organisations environnementales haïtiennes engagées dans la protection des écosystèmes et la promotion d’une gouvernance environnementale durable.

