NEW YORK, vendredi 28 août 2026 — Intervention du représentant d’Haïti devant le Conseil de sécurité des Nations unies
Madame la Présidente,
Au nom du gouvernement et du peuple haïtiens, je voudrais exprimer notre gratitude pour cette manifestation de solidarité envers mon pays. Je tiens également à remercier M. Carlos Ruiz Massieu et le représentant des affaires humanitaires pour leurs exposés. Je salue également la présence parmi nous de pays amis, notamment le Brésil, l’Argentine et le Mexique.
Le gouvernement haïtien condamne dans les termes les plus fermes ces actes d’une extrême barbarie. Nous exprimons notre profonde solidarité avec les victimes, leurs familles et les communautés affectées par ces violences, et nous demeurons mobilisés afin d’apporter des réponses urgentes à la hauteur des défis sécuritaires.
Ces attaques constituent une nouvelle démonstration de la capacité de violence et de terreur des gangs criminels armés, malgré les efforts considérables déployés par la Police nationale d’Haïti et les Forces armées d’Haïti, qui demeurent pleinement mobilisées sur le terrain avec l’appui de la Force de répression des gangs.
L’odieuse attaque criminelle perpétrée à Kenscoff démontre l’urgence, pour la communauté internationale, d’accélérer le déploiement de la Gang Suppression Force (GSF) afin qu’elle atteigne, dans les meilleurs délais, l’effectif prévu de 5 500 personnels et, surtout, qu’elle dispose de l’ensemble des moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions aux côtés des forces nationales de sécurité.
Madame la Présidente,
Face à l’agression armée perpétrée contre la population de Kenscoff par des groupes criminels armés, le Premier ministre, M. Alix Didier Fils-Aimé, a convoqué en urgence le Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), les Forces armées d’Haïti ainsi que le haut commandement de la Force de répression des gangs.
Toutes les forces de sécurité ont été placées en état d’alerte maximale, afin de reprendre progressivement le contrôle des zones occupées par les gangs.
Les instructions sont claires : protéger, sécuriser et restaurer l’autorité de l’État.
Parallèlement, le gouvernement, par l’intermédiaire du ministère de la Santé publique et de la Population ainsi que du Fonds d’assistance économique et sociale, est mobilisé afin de fournir une assistance aux victimes et à leurs familles dans le cadre de l’aide humanitaire d’urgence.
Madame la Présidente,
Ces dernières années, le Conseil de sécurité a adopté plusieurs décisions importantes concernant Haïti afin d’accompagner le gouvernement haïtien dans ses efforts visant à restaurer la sécurité et l’autorité de l’État.
Le gouvernement haïtien, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, poursuit ses efforts dans cette même dynamique, notamment à travers la mise en œuvre du projet P4000, qui vise à augmenter substantiellement les effectifs ainsi que les capacités opérationnelles de la Police nationale d’Haïti.
Le gouvernement poursuit également le renforcement des Forces armées d’Haïti, à travers le recrutement et la formation de nouveaux militaires appelés à contribuer à la sécurité du pays.
Aujourd’hui, nous avons besoin d’une plus grande synergie au niveau international afin de soutenir le gouvernement dans le rétablissement de la sécurité, laquelle constitue une condition nécessaire à l’organisation des prochaines élections dans le pays.
À cet égard, nos actions doivent être orientées vers l’accélération du déploiement de la Force de répression des gangs.
Dans ce contexte, nous remercions le Tchad, la Mongolie et la Côte d’Ivoire, qui ont déjà signé des accords avec Haïti afin de rejoindre la GSF. Des démarches sont également en cours dans cette direction avec la Jamaïque, le Sri Lanka, le Bangladesh et le Guatemala.
Nous appelons les membres de la communauté internationale à renforcer leur contribution au respect et à l’application de l’embargo sur les armes imposé dans le cadre du régime de sanctions établi par la résolution 2653 du Conseil de sécurité sur Haïti, afin d’endiguer les flux d’armes et de munitions qui alimentent la violence des gangs criminels.
Madame la Présidente,
L’urgence de la situation commande une réponse rapide, coordonnée et résolue.
Haïti continue de compter sur le soutien de ses partenaires de la communauté internationale afin de l’accompagner dans ses efforts pour rétablir durablement la sécurité, restaurer pleinement l’autorité de l’État et créer les conditions nécessaires à la tenue des élections.
Je vous remercie de votre attention.

