30 août 2026
Dr Joël Lorquet | Culture & Voyage — Revoir Paris après 40 ans !
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Dr Joël Lorquet | Culture & Voyage — Revoir Paris après 40 ans !

Récit de voyage/ Paris

Revoir Paris après 40 ans !

Par : Joël Lorquet, PhD

Après 40 ans, je suis enfin retourné à Paris. Ce voyage, rendu possible grâce à une formation en Belgique, m’a permis de retrouver une ville liée à une importante étape de ma jeunesse, tout en découvrant une France profondément transformée.

Une formation en Europe qui devient possible

Pendant mes 37 années de carrière à l’ambassade des États-Unis, j’ai toujours participé à des formations organisées par le Foreign Service Institute (FSI), le centre de formation du Département d’État américain situé en Virginie, près de Washington, D.C. Après avoir suivi plusieurs séminaires, j’ai toujours souhaité avoir l’occasion de participer à des formations organisées dans d’autres pays.

C’est ainsi qu’en 2007, j’ai eu la possibilité de participer à un voyage d’études intitulé « Advanced Workshop for Media Specialists », organisé par le United States Department of State, Regional Support Center, autour des questions relatives aux médias à Moscou, en Russie. Depuis cette expérience, j’ai participé à d’autres formations, mais toujours en Virginie. Je n’avais toutefois pas trouvé d’autres occasions de suivre des programmes de formation à l’étranger. Il faut aussi reconnaître que je n’avais pas particulièrement entrepris de démarches pour rechercher de telles possibilités en dehors des États-Unis.

En juin 2026, mon collègue Junior Planche m’a montré une liste de formations offertes aux employés du Département d’État et qui devaient se dérouler dans plusieurs pays. Parmi ces programmes figurait une formation en Belgique, prévue du 30 août au 3 septembre 2026.

J’ai donc posé ma candidature. Elle a été acceptée et mon supérieur à l’ambassade a également donné son accord pour que je puisse participer au programme. Toutes les formalités administratives étaient alors remplies.

Il restait cependant un problème majeur : je devais obtenir un visa Schengen.

La recherche difficile d’un rendez-vous pour le visa

En raison de la situation d’insécurité qui prévaut en Haïti, plusieurs ambassades étrangères importantes ont considérablement réduit leur personnel, à l’instar d’ailleurs de l’ambassade des États-Unis. Des diplomates viennent parfois en Haïti, mais ils ne restent pas nécessairement de manière permanente.

Lorsque j’ai voulu entreprendre les démarches pour obtenir mon visa Schengen, ma première initiative a été de contacter l’ambassade de France. Malheureusement, mon contact m’a expliqué que le consul avait indiqué qu’en raison de la situation actuelle, il n’était pas possible de me donner un rendez-vous anticipé.

J’ai alors entrepris les mêmes démarches auprès de l’ambassade d’Espagne, mais la réponse a été pratiquement identique.

À ce moment-là, j’ai commencé à penser que je n’aurais finalement pas la possibilité de participer à cette formation, simplement parce que je ne parvenais pas à obtenir un rendez-vous à temps pour déposer ma demande de visa.

Pourtant, derrière cette formation en Belgique se trouvait aussi un vieux rêve personnel : retourner à Paris après 40 ans.

Le souvenir de Paris en 1986

En 1986, j’avais étudié en France au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ), dont l’adresse actuelle est située au 18–24, rue Tiphaine, 75015 Paris.

Depuis cette époque, je n’étais jamais retourné en France.

J’avais bien eu l’occasion de voyager en Allemagne en 1987, dans le cadre d’un voyage d’études consacré aux « Mass-Media et à la formation des journalistes à travers six villes de la République fédérale d’Allemagne », organisé par Inter Nationes. Mais je n’avais pas encore eu d’invitation ou de raison particulière qui m’aurait permis de retourner en France.

En général, mes voyages ont toujours été liés à des activités personnelles, artistiques, religieuses ou littéraires.

Et puis, une collègue de l’ambassade a entendu parler de mon problème. Elle savait que je n’arrivais pas à obtenir de rendez-vous et, par hasard, elle avait elle-même obtenu un rendez-vous pour le 10 août.

Elle s’est alors dit que je devais absolument pouvoir participer à cette formation.

À ma grande surprise, elle m’a proposé de me céder son rendez-vous.

Le rendez-vous à l’ambassade de France

C’est ainsi que, le 10 août, je me suis présenté à l’ambassade de France, désormais installée au siège de l’Union européenne à Bois-Moquette, à Pétion-Ville, l’ancien site du Champ de Mars étant devenu difficilement accessible en raison des attaques des gangs.

Je me suis présenté avec tous les documents requis.

L’entrevue s’est très bien déroulée. Je n’ai d’ailleurs pas eu directement affaire au consul, mais à une Haïtienne avec laquelle j’ai eu une conversation très amicale. Au lieu d’un interrogatoire formel, nous avons parlé de tout et de rien : du pays, de la politique et de plusieurs autres sujets.

À un moment donné, je lui ai expliqué que j’aurais aimé obtenir un visa à entrées multiples.

Elle m’a répondu qu’en principe, on n’accordait pas de visa multiple lors d’une première demande. Mais elle a également pris en considération mon histoire avec la France. Elle m’a rappelé que j’y avais étudié en 1986, que j’étais un ancien bénéficiaire d’une bourse du gouvernement français et que j’avais plusieurs raisons de voyager en Europe.

Elle m’a alors dit qu’elle allait en parler au consul et essayer de lui demander de m’accorder un visa à entrées multiples.

Le 21 août, lorsque je suis retourné récupérer mon passeport, j’ai eu la belle surprise de constater que le visa m’avait été accordé pour une durée d’un an, avec entrées multiples.

Mon voyage vers l’Europe pouvait donc enfin commencer.

De Cap-Haïtien à Miami

Le mercredi 26 août, j’ai pris l’hélicoptère pour me rendre au Cap-Haïtien, où j’ai passé la nuit.

Le lendemain, jeudi 27 août, je devais prendre l’avion pour Miami.

Il faut signaler que le vol était initialement prévu à 17 heures. Cependant, il semble qu’il n’y avait pas suffisamment de passagers pour maintenir séparément le vol à destination de Fort Lauderdale. La compagnie Sunrise Airways a donc décidé de regrouper les passagers de Fort Lauderdale avec ceux qui se rendaient à Miami.

L’avion a finalement décollé à 18 heures, soit à l’heure à laquelle les passagers à destination de Fort Lauderdale devaient initialement partir.

Le voyage s’est bien déroulé et je suis arrivé à Miami dans la soirée.

Un passage mouvementé à l’immigration de Miami

À mon arrivée à l’immigration de Miami, l’agent m’a posé beaucoup de questions.

Je lui ai expliqué que je travaillais pour l’ambassade des États-Unis, que je ne restais à Miami que pour une journée et que je devais ensuite me rendre en Europe, dans le cadre d’une formation liée à mon travail.

Malgré ces explications, il m’a demandé de lui présenter des preuves de mon itinéraire, notamment mes réservations d’hôtel et mes billets. Je les lui ai montrées.

L’agent était toutefois assez courtois.

Lorsqu’il a constaté que j’avais beaucoup voyagé à travers le monde et que je m’étais récemment rendu à Cuba, en juillet dernier, il m’a demandé ce que j’étais allé faire dans ce pays.

Je lui ai expliqué que j’avais été invité à prononcer une conférence intitulée « La culture haïtienne : une richesse à faire découvrir au monde entier – Une civilisation créatrice au service du patrimoine culturel universel », à l’occasion du Festival del Caribe – Fiesta del Fuego 2026, qui s’était tenu à Santiago de Cuba du 3 au 9 juillet 2026.

Il m’a ensuite demandé ce que je pensais de Cuba.

Je lui ai répondu que Cuba était un pays très pauvre, mais que son peuple faisait preuve de beaucoup de courage et de résilience. Je lui ai dit que, le jour où Cuba prendrait son véritable envol et serait libre, le pays pourrait se développer rapidement, parce qu’il dispose de nombreuses ressources et surtout d’une population largement instruite.

Il m’a fait remarquer que tous les Cubains n’étaient pas nécessairement instruits.

Je lui ai répondu que, comparativement à Haïti, le niveau d’éducation de la population cubaine représentait déjà, à mes yeux, un avantage considérable pour le développement du pays.

L’agent m’a également dit qu’il était étonné de voir un Haïtien se rendre à Cuba.

Je lui ai répondu que beaucoup d’Haïtiens se rendent à Cuba et que certains y vont régulièrement, notamment en croisière.

J’ai eu l’impression que cet agent pouvait être d’origine cubaine et qu’il cherchait à mieux comprendre la situation actuelle de Cuba. Mais cela n’est resté qu’une impression personnelle.

Miami-Paris : enfin le retour en France

Le lendemain, vendredi 28 août, j’ai pris l’avion pour la France.

Une chose m’a immédiatement frappé à l’aéroport : notre porte d’embarquement était la J17. À mesure que nous nous rapprochions de la zone de sécurité menant à cette porte, j’entendais déjà de nombreuses personnes parler français.

Je me suis dit que le voyage vers la France avait déjà commencé.

Le vol était effectivement complètement rempli.

À bord d’Air France

Une fois installé dans l’avion, un autre détail a attiré mon attention : l’élégance de l’appareil d’Air France. Contrairement à plusieurs autres compagnies aériennes avec lesquelles j’avais voyagé, j’ai trouvé que l’expérience à bord était particulièrement soignée et moderne.

Même les consignes de sécurité présentées en vidéo étaient conçues d’une manière très dynamique et esthétique. Les images mêlaient notamment l’univers de la mode et d’autres scènes de la vie sociale afin de rendre les consignes plus attrayantes et de mieux capter l’attention des passagers.

Par exemple, des mannequins apparaissaient dans le cadre d’un défilé de mode pour illustrer les différentes consignes de sécurité.

Une autre innovation qui m’a intéressé concernait les caméras installées sur l’appareil. Au moins deux caméras permettent de voir différents angles autour de l’avion, notamment une vue vers l’avant et une autre vers le dessous de l’appareil.

Et puis, à l’intérieur de l’avion, tout le monde semblait déjà parler français.

J’avais presque l’impression de ne plus être aux États-Unis, alors que l’appareil n’avait pas encore décollé.

Le vol AF091 d’Air France

À 20 h 43, l’Airbus d’Air France a finalement décollé en direction de Paris. Nous entamions ainsi un long voyage de près de neuf heures, au cours duquel nous devions parcourir plusieurs milliers de kilomètres pour rejoindre l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle.

Une fois dans les airs, l’avion a progressivement atteint son altitude de croisière, à plus de 13 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, tout en maintenant une vitesse de croisière proche de 900 kilomètres à l’heure.

Miami illuminée et mes réflexions sur Haïti

Au moment du décollage, en regardant Miami illuminée dans la nuit, j’ai été frappé par le tracé régulier des rues et l’organisation générale de la ville.

Je ne pouvais m’empêcher de comparer ce paysage avec celui des villes haïtiennes que nous avons l’habitude de survoler le soir, et particulièrement Port-au-Prince, où le désordre urbain est immense.

Je me suis alors posé une question que je me pose presque chaque fois que je voyage :

Quand allons-nous enfin décider de faire d’Haïti un pays, un vrai pays ?

Chaque fois que je découvre les infrastructures d’autres pays, je constate à quel point Haïti manque de vision et de planification. Et ce qui me frappe surtout, c’est que certains dirigeants donnent parfois l’impression que tout va normalement, alors que la réalité est tout autre.

Il suffit de traverser la frontière pour constater les efforts réalisés par les autorités dominicaines dans plusieurs domaines, particulièrement dans celui de l’urbanisme.

En Haïti, par exemple, les maisons sont souvent construites avant même que les routes soient aménagées.

Comment peut-on ensuite construire de bonnes routes ?

Lorsque les autorités veulent finalement asphalter une route, elles doivent éviter de démolir les maisons déjà construites. Le résultat est que l’on se retrouve avec de petits corridors mal tracés, sans trottoirs et sans véritable vision d’ensemble.

Dans les pays où l’aménagement urbain est mieux planifié, les routes sont tracées et les espaces sont délimités avant même que les futurs résidents construisent leurs maisons.

C’est cette vision à long terme qui manque encore cruellement à Haïti.

Le dîner à bord

Quelques instants après le décollage, l’équipage d’Air France a commencé le service du dîner.

Les repas ont été distribués aux passagers dans de petits plateaux soigneusement préparés, accompagnés de pain et d’une sélection de boissons.

Le dîner, servi dans le calme de la cabine alors que nous traversions l’Atlantique, comprenait les différents éléments habituels d’un repas long-courrier : une entrée, un plat chaud, du fromage et un dessert.

Au-dessus de l’océan Atlantique, ce dîner avait quelque chose de particulier.

À travers le hublot, l’obscurité avait progressivement enveloppé l’appareil tandis que les passagers mangeaient tranquillement, chacun se préparant à plusieurs heures de voyage avant l’arrivée à Paris.

Le service du repas constituait ainsi l’un des premiers moments de détente de cette longue nuit à bord de l’AF091.

Après le dîner, la cabine a progressivement retrouvé une atmosphère plus calme. Les lumières ont été diminuées afin de permettre aux passagers de se reposer.

Un deuxième repas au petit matin

Quelques heures plus tard, au petit matin, un deuxième repas nous a été servi, cette fois sous la forme d’un déjeuner à la française.

Le plateau comprenait notamment des fruits, du pain toasté, du thé, du jus de fruits et différents accompagnements.

C’était un repas plus léger que celui du soir, mais suffisamment complet pour commencer la journée dans de bonnes conditions.

Cette expérience m’a permis de constater qu’en voyageant sur de longues distances avec Air France, il n’est pas forcément nécessaire de choisir la première classe pour bénéficier d’un service de qualité.

Même en classe économique, j’ai trouvé que l’attention portée aux passagers, la régularité du service et la qualité des repas rendaient le voyage assez agréable.

Pour un vol long-courrier de près de neuf heures, les prestations proposées en classe économique m’ont paru tout à fait convenables et répondaient largement aux besoins des voyageurs.

Pendant plusieurs heures, nous avons donc traversé l’Atlantique confortablement installés à bord de cet impressionnant Boeing 777-300ER d’Air France.

Ce vol représentait une nouvelle étape de notre voyage : quitter Miami pour regagner Paris, avec plusieurs heures de vol devant nous et l’immensité de l’océan Atlantique sous nos ailes.

Enfin, Paris !

Nous étions désormais samedi 29 août 2026 lorsque notre avion a atterri à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, après une traversée de l’Atlantique qui avait duré près de neuf heures.

À mon arrivée, il était environ 10 h 49 à Paris, alors qu’il n’était encore que 4 h 49 en Floride.

J’ai immédiatement ressenti quelque chose de particulier : après 40 ans, je revenais enfin en France.

Premières impressions de l’aéroport Charles-de-Gaulle

L’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, situé à Roissy-en-France, au nord-est de Paris, m’a donné l’impression d’être un peu ancien.

Mais dès que l’on sort de l’aéroport, le paysage change.

L’aéroport est entouré de zones rurales, de champs et de constructions qui donnent parfois une impression très différente de celle des grandes villes américaines.

Ce matin-là, il pleuvait et le ciel était très nuageux. Il faisait environ 19 degrés Celsius.

Après les fortes chaleurs qui avaient marqué l’été européen, cette température donnait déjà une impression d’automne.

L’été 2026 avait été particulièrement chaud en Europe, avec notamment des épisodes de forte chaleur et des incendies de forêt dans plusieurs régions. Beaucoup de personnes avaient cherché refuge à la campagne ou surtout au bord de la mer pour échapper aux températures élevées.

Pour moi, ce temps frais et pluvieux constituait presque une agréable transition.

J’ai surtout remercié Dieu de m’avoir permis de traverser l’Atlantique en toute sécurité.

Une première impression de l’Europe

Pour quelqu’un habitué aux États-Unis, le simple fait d’atterrir à Paris permet de constater que l’Europe possède une atmosphère très différente.

Le paysage, les constructions, les infrastructures et même le style architectural de l’aéroport donnent immédiatement l’impression d’être ailleurs.

Rien qu’en regardant l’aéroport, on sent déjà que l’on est en Europe.

Après avoir quitté l’avion, nous avons suivi les autres passagers jusqu’à l’immigration.

À Charles-de-Gaulle, il faut passer par l’immigration avant de récupérer les bagages. Pour éviter les embouteillages dans les files d’attente, les passagers étaient guidés à travers différentes sections délimitées par des poteaux et des barrières.

Un agent orientait les voyageurs : les personnes munies d’un passeport français étaient dirigées vers la droite, tandis que les détenteurs de passeports étrangers devaient passer par la gauche.

Lorsque je suis finalement arrivé au contrôle de l’immigration, la procédure n’a pas été compliquée.

L’agent a simplement pris mon passeport, l’a placé dans le scanner et m’a demandé de poser mes doigts sur l’appareil destiné à vérifier les empreintes digitales.

Après cela, il m’a rendu mon passeport avec beaucoup de courtoisie.

La longue attente des bagages

J’ai ensuite continué vers la zone de récupération des bagages, au terminal numéro 30.

L’avion étant rempli, il y avait effectivement beaucoup de bagages. Mais j’ai attendu longtemps.

Très longtemps.

Les minutes passaient et mes valises ne venaient toujours pas. J’ai regardé attentivement l’affichage du terminal 30, qui indiquait la livraison des bagages en provenance de Miami. À un moment donné, l’écran indiquait que la livraison était terminée. Pourtant, je n’avais toujours pas reçu mes bagages.

Entre-temps, des valises provenant d’autres vols, notamment de Londres, commençaient à arriver. Je me suis alors dit que je n’avais plus beaucoup d’espoir.

J’ai demandé à un agent ce qu’il fallait faire lorsqu’une valise n’arrivait pas. Il m’a expliqué qu’il fallait me rendre à l’accueil situé en face, au fond du terminal, à l’endroit indiqué en rouge. Je m’y suis rendu.

Une dame a vérifié ma carte d’embarquement et m’a expliqué que mes bagages avaient été enregistrés jusqu’en Belgique. Je lui ai alors expliqué que je devais passer une journée à Paris avant de me rendre en Belgique pour ma formation.

Elle m’a rassuré en m’expliquant que je pourrais récupérer mes bagages à mon arrivée en Belgique le lendemain.

J’ai donc dû accepter cette situation et poursuivre mon voyage.

À la recherche d’un taxi

Je me suis ensuite dirigé vers la section des taxis.

Une inscription a immédiatement attiré mon attention : « Taxi officiel ».

Je me suis demandé ce que signifiait exactement cette expression. S’agissait-il de taxis réservés aux officiels ? Ou voulait-on simplement dire qu’il s’agissait de taxis autorisés et fiables ?

J’ai finalement compris qu’il s’agissait de taxis officiels, c’est-à-dire de véhicules autorisés à assurer le transport des passagers depuis l’aéroport.

J’ai trouvé un agent et lui ai expliqué que je voulais prendre un taxi.

Il m’a répondu : « Pas de problème, suivez-moi. »

Il m’a accompagné à l’extérieur et m’a indiqué un taxi.

Il y avait des véhicules destinés à transporter une ou quelques personnes et, pour les familles ou les groupes plus importants, des minibus étaient également disponibles.

Je suis monté dans un taxi.

Une rencontre haïtienne inattendue

Le chauffeur, qui était noir, m’a parlé avec un accent qui m’a immédiatement intrigué.

Je me suis demandé s’il pouvait être Haïtien.

J’ai hésité avant de lui poser directement la question :

— Vous êtes de Guadeloupe, de Martinique ou d’Haïti ?

Il m’a répondu :

— Haïti.

J’ai alors volontairement commencé à lui parler créole. Je voulais lui faire comprendre que j’étais moi aussi un frère haïtien. Il était visiblement heureux de cette rencontre.

Je lui ai expliqué que j’avais étudié en France 40 ans auparavant, que je me rendais en Belgique pour une formation et que j’avais surtout voulu profiter de cette occasion pour revoir Paris après toutes ces années. Je lui ai également dit que je travaillais dans le domaine de la presse.

À partir de là, notre conversation a naturellement porté sur les médias haïtiens.

Il m’a expliqué qu’il suivait l’actualité d’Haïti, mais principalement à travers les réseaux sociaux. Il écoutait moins les radios haïtiennes traditionnelles et utilisait davantage les plateformes numériques.

Cette conversation m’a une nouvelle fois démontré à quel point les réseaux sociaux ont transformé la manière dont les Haïtiens de la diaspora suivent l’actualité de leur pays.

Grâce à Internet, on peut désormais suivre les événements pratiquement en temps réel, depuis n’importe quel pays.

Il m’a notamment parlé d’Haïti Inter, un média basé en France que beaucoup d’Haïtiens connaissent et qui propose des émissions et des rencontres avec des invités de différents horizons.

Une famille originaire d’Aquin

Mon chauffeur m’a expliqué qu’il était originaire d’Aquin, dans le Sud d’Haïti, et qu’il appartenait à la famille Lubin.

Cela m’a permis d’évoquer avec lui certaines personnes que je connaissais et qui étaient originaires d’Aquin, notamment le docteur Adly Castor, Mme Maguy Rigaud, Mme Denis et d’autres.

Il m’a également expliqué qu’il était originaire de la colline d’Aquin et que d’autres personnalités étaient originaires de cette zone, notamment Yvenert Foeshter Joseph et le Dr Yves Jean-Bart.

Je lui ai parlé de mon parcours dans les médias. Je lui ai expliqué que j’avais collaboré avec plusieurs médias, notamment Radio Lumière et Télé Haïti, et que j’avais également travaillé de temps en temps avec d’autres médias, comme Le Nouvelliste.

Aujourd’hui, je suis freelance. Je travaille pour moi-même et je continue à exercer mon métier de manière indépendante.

Je lui ai cependant précisé que si je suis relativement connu dans le domaine des médias en Haïti, c’est en grande partie grâce à Télé Haïti, qui m’a permis de me faire un nom dans ce secteur.

Lorsque je lui ai parlé de mes émissions sur Radio Lumière, il m’a demandé si je connaissais Robert Aupont.

Je lui ai répondu que oui et lui ai expliqué que l’ancien sénateur était devenu pasteur et qu’il vivait en Floride depuis environ 25 ans.

Il m’a alors raconté que, lorsqu’il était encore en Haïti, il écoutait beaucoup Radio Lumière.

La diaspora haïtienne et le drame de Kenscoff

Notre conversation a ensuite pris une tournure plus grave.

Il m’a expliqué que la situation d’Haïti le préoccupait énormément, comme elle préoccupe de nombreux membres de la diaspora.

Selon lui, beaucoup d’Haïtiens vivant à l’étranger aimeraient pouvoir retourner dans leur pays, particulièrement pendant les vacances, pour revoir leur ville natale, leur famille et leurs proches.

Lui-même aurait aimé retourner à Aquin, notamment dans la région de la colline d’Aquin. Mais l’insécurité l’en empêche.

Il m’a dit qu’il suivait les dernières nouvelles d’Haïti, notamment celles concernant le massacre de Kenscoff survenu la semaine précédente.

Il m’a expliqué avoir suivi pratiquement tout le déroulement de cette tragédie à travers les réseaux sociaux et les nombreuses alertes qui circulaient en ligne.

Selon les informations communiquées par les Nations unies, au moins 47 personnes ont été tuées lors de cette attaque, tandis que plusieurs autres ont été blessées et que plus d’une cinquantaine de personnes auraient été enlevées.

Cette attaque a provoqué d’importants déplacements de population. Des centaines de familles ont dû fuir leurs maisons pour chercher refuge dans des zones considérées comme plus sûres, notamment à Pétion-Ville.

Le drame de Kenscoff a une nouvelle fois illustré la gravité de la crise sécuritaire en Haïti et les difficultés des autorités à assurer une protection suffisante aux populations civiles.

Mon chauffeur était profondément attristé par cette situation.

Les réseaux sociaux et le « village global »

Cette conversation m’a amené à réfléchir une nouvelle fois à la puissance des réseaux sociaux.

Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, le monde est devenu un véritable village global, pour reprendre le concept popularisé par Marshall McLuhan.

Nous sommes informés presque à la minute.

Il n’est plus nécessaire d’attendre deux ou trois jours pour connaître un événement qui vient de se produire à des milliers de kilomètres.

Les réseaux sociaux permettent aux membres de la diaspora haïtienne de suivre pratiquement en direct ce qui se passe dans leur pays.

Mais cette facilité d’accès à l’information rend également plus douloureuse la situation de nombreux Haïtiens vivant à l’étranger.

Ils aimeraient rentrer chez eux.

Ils aimeraient investir dans leur pays.

Ils aimeraient vivre dans leur ville ou leur province d’origine.

Ils aimeraient tout simplement pouvoir passer quelques jours en Haïti sans avoir peur.

Mais la situation politique, économique et sécuritaire les contraint souvent à rester à l’étranger, à travailler dans des emplois parfois difficiles ou modestes, alors qu’ils pourraient, dans d’autres circonstances, retourner chez eux, investir et contribuer directement au développement de leur pays.

Cette réalité me fait souvent réfléchir à la responsabilité des dirigeants politiques, du secteur privé et, plus largement, de l’ensemble de la société haïtienne.

De l’aéroport à Paris

L’une de mes premières remarques, en quittant l’aéroport, concernait justement Charles-de-Gaulle, qui m’a paru relativement ancien.

L’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, situé à Roissy-en-France, a été inauguré en 1974. Il est devenu au fil des décennies l’une des principales portes d’entrée aériennes de la France et de l’Europe.

Mais ce qui m’a surtout impressionné, c’est l’évolution des infrastructures routières.

En quittant l’aéroport pour me rendre à mon hôtel Ibis, situé rue de Bruxelles, j’ai emprunté plusieurs autoroutes.

J’ai dit à mon chauffeur que je trouvais cela très beau.

Je ne me souvenais pas d’avoir vu autant d’infrastructures routières lorsque j’avais visité la France en 1986.

Je me suis rendu compte que, depuis cette époque, de nombreuses infrastructures avaient été construites et que la France avait continué à progresser et à se moderniser.

Le trajet a duré moins de dix minutes.

Le chauffeur m’a finalement déposé à l’hôtel pour une course de 10 euros.

Je lui ai dit au revoir à M. Lubin, en espérant avoir l’occasion de le rencontrer de nouveau.

Je lui ai également dit, avec un sourire, qu’il connaissait désormais le nom de Joël Lorquet et qu’en voyant un jour les informations que je publie sur les réseaux sociaux, il pourrait se dire :

« J’ai déjà rencontré ce journaliste haïtien dans un taxi à Paris. »

Première nuit à l’hôtel

Je suis ensuite entré dans l’hôtel.

Une autre chose m’a immédiatement frappé : la présence de personnes noires à différents postes dans l’établissement.

À la réception, deux femmes noires accueillaient les clients.

Pour moi, c’était aussi un signe de l’évolution de la société française au cours des 40 dernières années.

J’ai indiqué à la réceptionniste que j’avais effectué une réservation électronique.

Elle a vérifié ma réservation et m’a attribué la chambre 175.

L’hôtel était pratique.

La chambre était petite, à la française, mais fonctionnelle. Elle disposait d’un petit bureau de travail avec une chaise à côté du lit, ainsi que d’une autre banquette pouvant éventuellement accueillir un invité.

Une fois encore, j’ai constaté à quel point Internet avait simplifié les voyages.

Je pouvais rester en Haïti, effectuer ma réservation en ligne, puis arriver en France et trouver ma chambre disponible.

Retrouvailles avec Johanne et Kyarha

Johanne, la femme de Ramir Lorquet, et sa fille, ma filleule Kyarha Elmyr Lorquet, qui vivent en France depuis au moins cinq ans, étaient venues me chercher à l’hôtel, comme elles me l’avaient promis.

Ces retrouvailles ont ajouté une dimension familiale à mon retour à Paris.

Nous avons ensuite pris le métro.

Joël Lorquet en compagnie de Johanne, la femme de Ramir Lorquet, et sa filleule Kyarha Elmyr Lorquet

Attention aux pickpockets

Dans une station de métro, nous avons été abordés par un agent de contrôle d’origine africaine. Il nous a expliqué qu’il fallait être particulièrement attentif aux vols, notamment aux vols de téléphones portables.

Selon lui, les voleurs sont de différentes nationalités et il a notamment évoqué des groupes originaires de Roumanie.

Son avertissement était clair : en un clin d’œil, quelqu’un peut vous prendre votre sac ou votre téléphone.

Cela m’a rappelé une expérience vécue par mon fils Benjamin lors de son dernier voyage en France : des voleurs lui avaient pris son portefeuille.

Un métro parisien moins fréquenté

J’ai trouvé la station de métro relativement vide ce jour-là.

Johanne m’a expliqué que cela pouvait s’expliquer par la pluie, mais aussi par le fait que les Français revenaient progressivement de vacances. Elle m’a également précisé que la fréquentation variait beaucoup selon les zones : certaines stations sont naturellement plus fréquentées que d’autres.

Nous avons pris le métro depuis le secteur desservant l’aéroport Charles-de-Gaulle afin de nous diriger vers Saint-Rémy-lès-Chevreuse, puis de poursuivre notre trajet vers Paris.

Une autre chose a attiré mon attention dans le métro parisien : l’installation de garde-corps vitrés dans plusieurs stations.

Contrairement à certains endroits au Canada, où les passagers peuvent parfois se tenir relativement près des voies, certaines stations parisiennes disposent désormais de barrières vitrées qui séparent les voyageurs des rails.

J’ai pensé que ces installations avaient probablement été mises en place afin de prévenir les accidents et les incidents.

À la recherche des parfums

Nous sommes ensuite descendus à une station qui devait nous permettre d’accéder à un centre commercial où je voulais me rendre dans un magasin Sephora pour acheter des parfums.

Je souhaitais faire graver le nom des personnes auxquelles je voulais offrir ces cadeaux.

Malheureusement, le magasin où nous nous sommes rendus ne disposait pas du service de gravure que je recherchais.

Nous avons donc dû nous rendre dans un autre magasin Sephora, cette fois dans le centre de Paris.

Là, nous avons finalement trouvé ce que nous cherchions et avons pu faire graver les trois parfums que je souhaitais offrir à des amis qui m’avaient rendu de grands services dans le cadre de ce voyage.

Un repas chez « Comme chez soi »

Après cela, nous avons pris un taxi pour nous rendre dans un restaurant chinois appelé « Comme chez soi », situé au 19, rue de la Gaîté, au cœur de Paris.

Le restaurant propose une cuisine franco-asiatique et une formule particulièrement intéressante : un buffet à volonté accompagné d’un espace plancha, également à volonté.

Le concept permet aux clients de composer librement leur repas en choisissant parmi une variété de plats, d’entrées, de légumes, de viandes et d’autres préparations.

L’ambiance est conviviale et le principe du buffet offre une certaine liberté. Chacun peut se servir selon ses goûts et son appétit.

La plancha apporte une touche supplémentaire puisqu’elle permet de faire cuire certains aliments à la demande et de les déguster encore chauds.

Après un long voyage, découvrir un établissement proposant une formule aussi généreuse était une manière agréable de se retrouver autour d’un bon repas.

Le restaurant porte d’ailleurs bien son nom : « Comme chez soi ».

La cuisine était de bonne qualité. J’ai d’ailleurs constaté que, dans la soirée, il fallait faire la queue pour pouvoir entrer.

Contrairement à certains buffets chinois que j’avais connus aux États-Unis, celui-ci n’était pas nécessairement immense, mais il proposait l’essentiel et, surtout, une nourriture préparée avec soin.

Une soirée devant la Tour Eiffel

Après le repas, nous devions nous rendre à la Tour Eiffel.

Nous avons commandé un Uber.

Mais une petite mésaventure nous attendait.

En recherchant l’adresse, nous avions trouvé un restaurant portant le nom « À la Tour Eiffel ». Nous pensions qu’il s’agissait d’un établissement situé à proximité de la véritable Tour Eiffel.

Le chauffeur nous a donc conduits à cette adresse.

Mais, une fois arrivés, nous avons compris qu’il s’agissait simplement d’un restaurant portant ce nom et qui se trouvait assez loin de la Tour Eiffel.

Nous avons donc demandé au chauffeur de nous conduire à la véritable Tour Eiffel.

Cette erreur nous a malheureusement obligés à payer davantage pour le trajet.

Je lui ai expliqué que mon objectif était de faire une photo devant la Tour Eiffel et que je voulais qu’il nous conduise au meilleur endroit possible.

Je pensais que, si nous nous rapprochions trop du monument, il serait difficile de photographier la tour dans son ensemble.

Le chauffeur nous a alors expliqué que l’un des meilleurs endroits pour photographier la Tour Eiffel se trouvait près du pont d’Iéna, dans le prolongement de l’avenue de New York, le long de la Seine.

Depuis cet endroit, on bénéficie effectivement d’un magnifique point de vue sur la Tour Eiffel, avec la Seine au premier plan.

C’est un endroit particulièrement apprécié des touristes pour admirer la tour sous différents angles et prendre de belles photographies.

Enfin devant la Tour Eiffel

Lorsque nous sommes arrivés, des centaines de touristes étaient déjà présents.

Beaucoup prenaient des photos et attendaient que la Tour Eiffel s’illumine pour immortaliser le moment.

J’ai immédiatement sorti ma caméra pour réaliser un petit reportage.

J’ai commencé par faire parler Kyarha.

Kyarha : une jeune fille qui s’adapte à la France

Kyarha m’a parlé de son arrivée en France, de ses progrès à l’école et de son adaptation à la vie française.

Elle m’a expliqué qu’elle s’adaptait très bien, qu’elle obtenait de très bonnes moyennes et qu’elle aimerait devenir professeur de gymnastique.

Elle pratique elle-même la gymnastique et, depuis quelque temps, le taekwondo.

Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle avait choisi de pratiquer cet art martial, elle m’a expliqué que, dans son école, il arrivait parfois que des élèves s’en prennent à d’autres.

Selon elle, il est donc important de savoir se défendre et de pouvoir réagir en cas d’agression.

Kyarha est à la fois ma filleule et ma petite-cousine, puisqu’elle est la fille de Ramir.

Johanne raconte la vie scolaire et son quotidien en France

J’ai également profité de cette rencontre pour interroger Johanne sur la vie quotidienne en France et, notamment, sur le système scolaire.

Elle m’a expliqué certains aspects de l’organisation des journées des enfants du primaire.

« Ici, en France, les enfants de primaire vont à l’école quatre jours par semaine : lundi, mardi, jeudi et vendredi », m’a-t-elle expliqué.

Le mercredi, les enfants qui le souhaitent peuvent se rendre dans un centre de loisirs, où ils participent à différentes activités.

Johanne précise toutefois que cette journée n’est pas considérée comme une journée d’école, mais plutôt comme une journée consacrée aux loisirs et à différentes activités éducatives et récréatives.

Elle m’a également expliqué qu’à partir d’environ onze ans, l’enfant entre au collège et que son rythme scolaire change.

Contrairement aux élèves du primaire, il fréquente alors l’établissement du lundi au vendredi.

Johanne a aussi souligné le rythme général de l’année scolaire en France, organisé autour d’une alternance de périodes de cours et de vacances, avec généralement six semaines de cours suivies de deux semaines de vacances.

Un autre aspect qu’elle a particulièrement souligné concerne l’obligation scolaire.

Selon Johanne, « tout enfant doit aller à l’école » et un enfant de moins de seize ans ne peut simplement rester à la maison sans être scolarisé. Elle insiste sur le fait que l’éducation constitue une obligation jusqu’à l’âge de seize ans.

À partir de cet âge, le jeune peut décider de poursuivre ou non ses études.

Johanne : entre la France et Haïti

Au-delà de l’éducation, notre conversation a également porté sur Haïti.

Johanne m’a confié que la situation dans son pays d’origine la préoccupait beaucoup, comme elle préoccupe de nombreux Haïtiens vivant dans la diaspora.

Elle m’a dit prier pour que la situation puisse s’améliorer et qu’un jour les Haïtiens puissent retrouver suffisamment de sécurité pour retourner dans leur pays, ne serait-ce que pour y passer quelques jours de vacances auprès de leurs familles.

Malgré cette inquiétude pour Haïti, Johanne m’a dit qu’elle se sentait bien en France.

Elle considère ce pays comme un endroit où elle peut envisager l’avenir avec davantage de sérénité.

Elle pense notamment à l’avenir de sa fille et estime qu’il existe en France des possibilités qui leur permettent de construire leur vie et de regarder l’avenir avec espoir.

Son témoignage traduit une réalité vécue par de nombreux membres de la diaspora haïtienne : vivre dans un pays où l’on se sent en sécurité et où l’on peut envisager l’avenir, tout en gardant dans son cœur un attachement profond à Haïti et l’espoir de pouvoir un jour y retourner librement.

Des Haïtiennes venues de Toronto

J’ai également profité de ma présence sur les lieux pour interroger quelques touristes étrangers.

Je suis ainsi tombé sur deux Haïtiennes venues de Toronto.

Elles m’ont parlé de leur expérience et m’ont expliqué, avec leurs mots et selon leurs possibilités, le plaisir qu’elles avaient à découvrir la Tour Eiffel.

Leur expression en créole n’était pas parfaite, puisqu’elles étaient nées au Canada, mais elles étaient heureuses de pouvoir visiter ce monument mondialement connu.

Elles m’ont expliqué qu’elles rêvaient depuis longtemps de le découvrir et qu’elles étaient très satisfaites de pouvoir enfin réaliser ce rêve.

La Tour Eiffel, symbole de Paris

Dans mon reportage, j’ai également voulu rappeler l’histoire et la portée symbolique de la Tour Eiffel, même si certaines informations historiques souvent répétées à son sujet méritent d’être vérifiées avec soin.

La Tour Eiffel demeure aujourd’hui l’un des monuments les plus emblématiques de Paris et de la France.

Sa construction, à la fin du XIXe siècle, avait suscité de nombreuses critiques. Le projet de Gustave Eiffel paraissait audacieux et inhabituel à une époque où personne ne pouvait encore mesurer le succès touristique que connaîtrait le monument.

Aujourd’hui, cette immense structure métallique attire des millions de visiteurs et constitue l’un des principaux symboles touristiques de Paris.

Pendant notre présence sur les lieux, la Tour Eiffel s’est illuminée à plusieurs reprises, offrant un spectacle magnifique aux visiteurs.

Sur la place, les touristes étaient nombreux.

Les gens prenaient des photos, tandis que les vendeurs ambulants proposaient différents produits.

J’ai même découvert des vendeurs de maïs grillé et de maïs boucané, ce qui m’a particulièrement intrigué.

De nombreux jeunes profitaient également de la présence des touristes pour gagner un peu d’argent en proposant de prendre des photos avec la Tour Eiffel en arrière-plan.

Tour Eiffel : une construction controversée devenue monument mondial

Lorsque Gustave Eiffel et ses collaborateurs ont présenté, à la fin des années 1880, le projet de construction de la tour qui allait porter son nom, l’idée suscita de nombreuses réserves et critiques dans certains milieux artistiques et intellectuels français. Pour beaucoup, cette gigantesque structure métallique paraissait démesurée, voire utopique, et certains la considéraient avec dédain comme un immense « tas de ferraille » qui défigurerait le paysage parisien.

Le projet a également bénéficié d’un montage financier et institutionnel permettant sa réalisation en vue de l’Exposition universelle de 1889. La tour fut finalement construite entre 1887 et 1889 et inaugurée à l’occasion du centenaire de la Révolution française.

Une tradition ou une affirmation parfois relayée en Haïti établit un lien entre le financement de la Tour Eiffel et des ressources financières haïtiennes, notamment sous le gouvernement de Lysius Salomon.

Il reste néanmoins intéressant de rappeler que les relations financières entre Haïti et la France au XIXe siècle ont été particulièrement importantes et complexes. C’est probablement dans ce contexte historique que certaines récits ont pu établir un rapprochement entre Haïti et la construction de la Tour Eiffel. Aujourd’hui, plus d’un siècle après son inauguration, cette structure métallique autrefois controversée est devenue l’un des monuments les plus célèbres au monde et un symbole majeur de Paris.

Paris, la Seine et les bateaux

Aux environs de la Tour Eiffel, l’animation était également très forte sur la Seine.

De nombreuses visites sont organisées sur le fleuve à bord de bateaux tels que le Capitaine Fracasse, le Diamant Bleu, le Blue Seine, Le Parisien et bien d’autres.

Certains de ces bateaux disposent même de restaurants à bord.

On pouvait voir des personnes dîner, discuter et même danser à l’intérieur ou sur le toit de certains bateaux.

Paris était donc particulièrement animé ce soir-là, surtout autour de la Tour Eiffel.

Cette animation était encore plus visible en cette fin de semaine.

Une journée parisienne riche en découvertes

Après cette longue journée, Johanne m’a appelé un Uber afin que je puisse retourner à l’hôtel et me préparer pour la prochaine étape de mon voyage.

Le lendemain matin, dimanche 30 août 2026, je devais poursuivre mon trajet vers la Belgique pour participer à la formation qui avait été à l’origine de tout ce voyage.

Mais avant de quitter Paris, j’avais déjà le sentiment d’avoir vécu beaucoup de choses.

En quelques heures seulement, j’avais retrouvé une ville que je n’avais pas revue depuis 40 ans, rencontré des Haïtiens de la diaspora, découvert l’évolution des infrastructures françaises, observé les changements dans le métro et dans la société, partagé un repas dans un restaurant asiatique, admiré la Tour Eiffel illuminée et surtout retrouvé, à travers la langue française, une partie de mes souvenirs de jeunesse.

Revoir Paris après 40 ans n’était donc pas simplement un déplacement professionnel.

C’était aussi un retour dans une partie de mon histoire.

Joël Lorquet, PhD

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