Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) réclame l’ouverture d’une enquête complète, indépendante et transparente à la suite de la perquisition menée, jeudi 20 août, au domicile de Gérard Cassis. Selon l’organisation, cette opération a été conduite par des agents de l’Administration générale des douanes (AGD), accompagnés de membres de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), dans le contexte d’allégations portant sur un vaste réseau de contrebande.
Le RHAJAC affirme avoir recueilli des informations faisant état de conteneurs qui auraient transité entre les États-Unis, la République dominicaine et Haïti, notamment par les postes frontaliers de Malpasse et de Fonds-Parisien. Ces cargaisons auraient franchi la frontière sans inspection régulière ni acquittement normal des droits et taxes. Certaines d’entre elles sont également soupçonnées d’avoir servi au transport illégal d’armes, de munitions et d’autres marchandises, des allégations particulièrement préoccupantes dans un pays confronté à la montée de la violence armée.
Dans sa note, le réseau cite Gérard Cassis, Junior Cassis, Steeve Handal, Rogelio Alberto Reyes Guerrero et un individu identifié sous le nom de Jourdain, ainsi que les entreprises Premium Foods, Cassis Frères S.A. et EBC Custom Agent, SRL. Le RHAJAC invite la DCPJ et l’AGD à retracer les conteneurs concernés, à vérifier la nature de leur contenu et à établir les éventuelles responsabilités. Il sollicite également la coopération des autorités américaines et dominicaines afin que les opérations présumées réalisées sur leurs territoires soient examinées.
L’organisation demande par ailleurs que toute possibilité d’ingérence ou de protection politique soit vérifiée, évoquant un lien familial présumé entre Gérard Cassis et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Selon le RHAJAC, un tel système, s’il était confirmé, priverait l’État de recettes importantes, fragiliserait les entreprises respectueuses de la loi et pourrait alimenter les activités de groupes armés. Tout en exigeant que l’enquête soit menée sans privilège ni pression politique, le réseau rappelle que toutes les personnes et entreprises citées bénéficient pleinement de la présomption d’innocence.
Guyno DUVERNE

