Avec près de 22 000 passagers accueillis chaque mois, l’aéroport international du Cap-Haïtien connaît une augmentation considérable de sa fréquentation. Ce chiffre, présenté comme la preuve d’un changement d’échelle, révèle surtout l’ampleur du décalage entre la croissance du trafic et l’état réel des infrastructures. Alors que l’aéroport devient une porte d’entrée stratégique pour le Grand Nord et pour le pays en général, les autorités continuent de multiplier les annonces sans offrir aux voyageurs un terminal moderne, spacieux et capable de répondre convenablement à cette nouvelle réalité.
Sur place, les plaintes des passagers restent nombreuses : manque d’espace, inconfort, lenteur des services, accueil insuffisant et difficultés dans la gestion des périodes de forte affluence. Malgré les promesses répétées de modernisation, aucune transformation structurelle majeure n’est encore visible. L’augmentation du nombre de voyageurs ne suffit donc pas à parler de progrès lorsque la qualité du service demeure en retrait et que les mêmes problèmes continuent d’affecter quotidiennement les usagers.
Cette situation soulève également de sérieuses interrogations sur la capacité de la direction de l’aéroport à anticiper et à gérer un trafic devenu beaucoup plus important. Face à quelque 22 000 passagers par mois, l’administration semble dépassée par les besoins opérationnels et incapable d’apporter des réponses durables. Il lui revient pourtant de présenter un plan précis, accompagné d’un calendrier, d’un budget et de résultats vérifiables, au lieu de laisser les annonces officielles tenir lieu de politique de développement.
Enfin, cette croissance exceptionnelle ne produit toujours pas de retombées suffisamment concrètes et visibles pour la ville du Cap-Haïtien. Les habitants devraient pouvoir en mesurer les effets à travers la création d’emplois, l’amélioration des routes, le développement du tourisme, le renforcement des services publics et la dynamisation de l’économie locale. Sans infrastructures adéquates, gouvernance responsable ni investissements transparents, les 22 000 passagers mensuels risquent de rester un simple chiffre de communication, loin du véritable moteur de développement dont le Cap-Haïtien et tout le Grand Nord ont besoin.
Guyno DUVERNE

