PORT-AU-PRINCE, 1er juillet 2026 —Deux ambassadeurs du football haïtien, les Grenadiers Danley Jean Jacques et Olivier Woudensky, sont rentrés au pays le mardi 30 juin 2026 par l’aéroport international du Cap-Haïtien, dans une discrétion qui tranche avec l’enthousiasme et la mobilisation observés quelques jours plus tôt autour de la participation d’Haïti à la 23e édition de la Coupe du monde de la FIFA 2026.
Selon des images relayées sur les réseaux sociaux, les deux internationaux haïtiens ont été vus récupérant eux-mêmes leurs bagages à l’aéroport international du Cap-Haïtien, sans accueil officiel, sans délégation gouvernementale et sans représentation visible des autorités sportives ou politiques venues saluer leur retour après leur campagne mondiale sous les couleurs nationales — ces mêmes couleurs auxquelles le gouvernement de doublure n’avait pas jugé nécessaire de rendre un hommage approprié à l’Arcahaie, le 18 mai dernier.
Cette absence d’encadrement officiel paraît d’autant plus troublante que le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé avait effectué le déplacement aux États-Unis, accompagné de huit ministres, dont les titulaires des Affaires étrangères, de la Planification, de la Justice et des Finances. Ironie institutionnelle : le ministre des Sports n’était pas du voyage. Aucun compte rendu public n’a, à ce jour, détaillé les montants décaissés, ni les coûts liés au vol affrété, au moment même où ce gouvernement dit vouloir parler de « développement » à travers un « forum économique ».
Le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique a publié, ce 1er juillet, une note indiquant qu’aucune cérémonie officielle d’accueil n’était prévue pour les deux joueurs. Cette communication sonne comme une tentative de justification tardive face à une séquence institutionnelle embarrassante, surtout au regard des dépenses engagées pour les déplacements officiels effectués durant le tournoi mondial.
Les critiques se renforcent : tandis que des ressources importantes ont été mobilisées pour assurer la présence de responsables politiques dans les gradins aux États-Unis, deux représentants de la sélection nationale sont revenus au pays sans protocole, sans hommage public et sans reconnaissance institutionnelle visible à leur arrivée.
Au-delà de l’épisode lui-même, cette affaire relance le débat sur la place accordée aux sportifs haïtiens dans les politiques publiques ainsi que sur la valeur symbolique que les autorités entendent attribuer à ceux qui portent les couleurs nationales sur les scènes internationales, dans un pays dont la gouvernance et les capacités administratives continuent d’alimenter de nombreuses interrogations.
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