2 juillet 2026
Réparations de l’esclavage : la Jamaïque porte son dossier devant le roi Charles III
Actualités Esclavage Justice Société

Réparations de l’esclavage : la Jamaïque porte son dossier devant le roi Charles III

La Jamaïque franchit une nouvelle étape dans sa démarche en faveur des réparations liées à l’esclavage en annonçant l’envoi, le 6 septembre prochain, d’une délégation officielle au Royaume-Uni afin de déposer une pétition formelle auprès du roi Charles III. L’objectif consiste à solliciter un avis juridique du Conseil privé britannique sur la légalité historique de la traite transatlantique des Africains vers la Jamaïque, sa qualification éventuelle comme crime contre l’humanité et l’existence d’une obligation de réparation à la charge du Royaume-Uni.

La date retenue revêt une portée symbolique particulière puisqu’elle correspond au départ, en 1781, du navire négrier Zong vers la Jamaïque. Au cours de cette traversée, plus d’une centaine d’Africains réduits en esclavage furent jetés à la mer afin de permettre aux propriétaires du navire de réclamer une indemnisation auprès de leur compagnie d’assurance, l’une des affaires les plus marquantes de l’histoire de la traite atlantique.

Les autorités jamaïcaines rappellent également qu’à l’abolition de l’esclavage en 1834, les planteurs britanniques reçurent une compensation financière évaluée à 20 millions de livres sterling, tandis que les anciens esclaves durent encore fournir plusieurs années de travail non rémunéré. Selon le Conseil national des réparations de la Jamaïque, cette initiative s’inscrit dans une recherche de justice historique et bénéficie de l’appui de la Communauté caribéenne (CARICOM).

La démarche intervient dans un contexte international marqué par l’adoption, le 25 mars 2026, d’une résolution des Nations unies qualifiant la traite des Africains réduits en esclavage comme l’un des crimes les plus graves contre l’humanité. Malgré le refus persistant du gouvernement britannique d’envisager des réparations financières, les responsables jamaïcains affirment leur détermination à poursuivre ce combat sur les plans juridique, diplomatique et politique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.