Le parti politique Entente nationale (ENA) se positionne, une fois de plus, en lanceur d’alerte face à la publication de votre nouveau calendrier électoral — le second à ce jour.
Dans une note conjointe, nous avions déjà dénoncé la précipitation entourant les délais d’inscription des groupements, plateformes et regroupements politiques. Nous avions alors exigé la publication d’un décret électoral unique, tout en rappelant clairement la responsabilité des institutions chargées de la réalisation du scrutin :
1.L’Exécutif, garant de la sécurité et du financement du processus ;
2.Le Conseil électoral provisoire (CEP), maître d’œuvre de l’organisation des opérations
électorales.
À ce titre, nous avons réclamé à cors et à cris la publication d’un calendrier électoral « réaliste ». Par cette notion, nous entendions une programmation tenant pleinement compte de la réalité sécuritaire, aussi bien dans les zones sous le contrôle direct des groupes armés que dans celles soumises à leur influence indirecte.
Or, dans votre note de couverture du 27 juillet 2026 (Réf. : CEP / DC / 028-2526), vous conditionnez
vous-même l’application de ce calendrier en ces termes :
« Le Conseil électoral souligne, par ailleurs, que le respect de ces échéances dépend de l’établissement d’un climat sécuritaire acceptable et des disponibilités financières nécessaires à la poursuite des opérations électorales. »
Vous posez ainsi cette réserve sans même définir ce qui constitue, à vos yeux, un « climat de sécurité acceptable » garantissant la sérénité indispensable à la tenue d’élections. Loin de rassurer, votre posture ne fait qu’accroître l’appréhension générale face aux joutes électorales et instiller, une fois de plus, un doute profond quant à leur faisabilité.
Comment le CEP a-t-il pu publier unilatéralement un calendrier électoral sans l’avis préalable et responsable des autorités chargées d’assurer la sécurité au niveau national ?
L’établissement de
toute feuille de route électorale ne saurait résulter d’un exercice académique hors du temps et de la réalité ; il doit découler obligatoirement de projections rigoureuses sur les conditions de sécurité formellement garanties par le pouvoir exécutif, seul détenteur de la force publique.
À cette défaillance institutionnelle et sécuritaire s’ajoute une faillite logistique et technique criante : à ce jour, la majorité des cartes électorales n’a toujours pas été livrée à leurs destinataires. Plus
grave encore, le processus d’enregistrement révèle des anomalies flagrantes, certaines zones affichant la production d’un volume de cartes largement supérieur à la population réelle en âge de voter. Comment prétendre organiser un scrutin crédible sur des bases matérielles aussi viciées et opaques ?
Ce calendrier ne résulte-t-il pas de tiraillements internes entre les structures étatiques concernées,
où les uns cherchent à préserver leurs fonctions tandis que les autres s’efforcent de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible ?
Le parti Entente Nationale (ENA) dénonce avec la plus grande véhémence ce calendrier utopique,
qui fait fi de la douloureuse réalité que nous vivons au quotidien. Cette sombre réalité contraste vivement avec la déclaration de la ministre des Affaires étrangères à l’ONU, en total décalage avec les faits sur le terrain :
« Des progrès réels sont enregistrés sur le terrain. Nous sommes plus près que nous ne l’avons été depuis plusieurs années de rétablir la sécurité. »
Pour l’Entente Nationale (ENA), un calendrier authentiquement réaliste doit intégrer en amont la situation financière, logistique et sécuritaire du pays dans sa planification, au lieu de reléguer
l’échéance électorale à une condition vague d’‘’amélioration acceptable’’ au détour d’une simple note. Selon nous, l’Exécutif, seul garant de la protection des vies et des biens, devrait se prononcer sans ambiguïté sur ce calendrier et confirmer officiellement sa capacité à garantir la sécurité, la fiabilité du fichier électoral, ainsi que la libre circulation de la population et des candidats.
Le parti Entente nationale (ENA) est prêt à participer aux élections à tous les niveaux. Il est toutefois manifeste que le climat de sécurité et les conditions matérielles indispensables à leur tenue sont, à ce jour, totalement inexistants.
L’Entente nationale (ENA) exige des autorités la création de conditions de sécurité capables
d’empêcher la réédition du massacre du 29 novembre 1987.
Pour le Parti Politique Entente Nationale (ENA)
Antoine Rodon Bien-Aimé
Coordonateur national

