Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) affirme que l’intelligence artificielle permet désormais d’améliorer la détection des fuites de méthane à partir des données satellitaires, afin d’accélérer les interventions visant à réduire les émissions de ce puissant gaz à effet de serre.
Dans un rapport publié mercredi, l’agence présente les avancées de son système de surveillance MARS (Methane Alert and Response System), opérationnel depuis 2024. Alimenté par une trentaine de satellites, le dispositif analyse automatiquement les images afin d’identifier les émissions provenant notamment des installations pétrolières et gazières, des mines, des gazoducs ou des décharges.
Selon le PNUE, l’intelligence artificielle ne remplace pas les experts, mais permet de trier les données en distinguant les émissions probables des faux signaux causés par les nuages, le relief ou les conditions d’éclairage. Chaque alerte est ensuite examinée et validée par des analystes avant d’être transmise aux autorités ou aux exploitants concernés.
L’organisation estime que cette automatisation permet aux équipes de traiter jusqu’à quinze fois plus de données qu’auparavant. Depuis son déploiement, le système aurait contribué à plus de 40 interventions ayant permis de supprimer des émissions représentant environ 1,2 million de tonnes de méthane.
Le méthane est considéré comme l’un des principaux responsables du réchauffement climatique à court terme. Sur une période de vingt ans, son pouvoir de réchauffement est plus de 80 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO₂), même s’il demeure moins longtemps dans l’atmosphère. Plus de 150 pays se sont engagés, dans le cadre du Global Methane Pledge, à réduire de 30 % leurs émissions de méthane d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2020.

