Les migrants haïtiens disposent d’options pour remplacer le TPS, mais celles-ci comportent des risques
Par Julian Jackson et Channing King – WDTN
Quelque 350 000 migrants haïtiens vivant aux États-Unis, dont environ 12 000 à Springfield (Ohio), demeurent dans l’incertitude plus d’un mois après la décision de la Cour suprême mettant fin au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens.
Des solutions juridiques existent, mais elles ne garantissent pas le maintien du statut légal.
Karen Denise Bradley, avocate spécialisée en droit de l’immigration et propriétaire du cabinet Bradley & Associates, recommande notamment le dépôt d’une demande d’asile, à condition que celle-ci repose sur des preuves solides.
« Les motifs peuvent être la religion, l’appartenance à un groupe social particulier, la nationalité, les opinions politiques ou encore la Convention contre la torture », explique Me Bradley.
Elle rappelle toutefois qu’une demande d’asile dépourvue de documents démontrant des persécutions dans le pays d’origine risque d’être rejetée.
Cette mise en garde intervient alors que le Département de la Sécurité intérieure (DHS) a annoncé jeudi vouloir infliger une amende de près de 500 000 dollars à un avocat connu à l’échelle nationale, accusé d’avoir déposé de fausses demandes d’asile. Cette affaire s’inscrit dans la campagne de répression engagée par le DHS contre les demandes jugées frauduleuses.
Le département affirme notamment :
« Les demandes d’asile frauduleuses menacent la sécurité du peuple américain, portent atteinte à notre système d’immigration et retardent l’expulsion des étrangers en situation irrégulière ayant commis des crimes. Sous le président Trump et le secrétaire Mullin, nous demanderons des comptes aux avocats impliqués dans de telles pratiques et mettrons fin aux abus de notre système d’immigration. »
Parmi les autres voies légales figurent les demandes de statut spécial pour mineurs immigrants (Special Immigrant Juvenile Status – SIJS) devant les tribunaux pour mineurs.
Selon Me Bradley, il faut démontrer que l’enfant ne peut retourner dans son pays d’origine et qu’il a été abandonné, négligé ou victime de mauvais traitements de la part de ses parents ou des membres de sa famille.
Le parrainage familial constitue également une possibilité lorsque le demandeur a un proche citoyen américain. Il peut s’agir d’un parent, d’un enfant âgé de plus de 21 ans pouvant présenter une demande pour ses parents, ou d’un autre membre de la famille admissible à déposer une pétition familiale.
Même si ces mécanismes demeurent accessibles, l’avocate insiste sur la nécessité d’obtenir des conseils juridiques adaptés avant d’entreprendre toute démarche. Elle recommande aux personnes qui s’interrogent sur leur statut migratoire de consulter rapidement un avocat spécialisé en immigration.
Source : WDTN (Nexstar Media), article de Julian Jackson et Channing King, publié le 30 juillet 2026.


