À New York, qu’il intervienne en présentiel ou par visioconférence, Alix Didier Fils-Aimé, sa ministre des Affaires étrangères – « une ministre étrangère aux affaires haïtiennes » – ou encore le représentant permanent d’Haïti auprès des Nations Unies devraient déployer l’arsenal habituel des promesses gouvernementales : « nous avons fait ceci, nous ferons cela ». L’accord entre le ministère de la Justice et la Force de répression des gangs, les amendements au décret électoral et les annonces du CEP seront présentés comme les signes d’un processus en marche. Pourtant, aucune date de scrutin n’est encore fixée, plusieurs routes demeurent impraticables et le massacre de Kenscoff, documenté jeudi par les Nations unies, rappelle l’impunité persistante. Les victimes sont recensées, les cadavres comptabilisés, mais les responsables politiques et administratifs conservent leurs fonctions sans reddition de comptes.
Les éléments majeurs attendus sont les suivants :
- Transition politique : le Conseil devrait prendre note des progrès enregistrés avec la publication, le 2 juillet, des amendements au décret électoral, l’accord du 3 juillet sur un budget électoral de 120 millions de dollars, ainsi que l’annonce, le 10 juillet, d’un calendrier d’inscription des partis politiques et des électeurs. Aucune date de scrutin n’a toutefois encore été arrêtée.
- Sécurité : Carlos Ruiz Massieu devrait rappeler que les gangs demeurent la principale menace à l’autorité de l’État, malgré certaines améliorations localisées. Le représentant de la Gang Suppression Force (GSF), Jack Christofides, présentera probablement les progrès du déploiement de cette force et les défis opérationnels auxquels elle reste confrontée.
- Crime organisé : Monica Juma, directrice exécutive de l’UNODC, devrait exposer les conclusions d’un rapport sur les réseaux criminels transnationaux alimentant la crise haïtienne, notamment le trafic illicite d’armes, les flux financiers illicites et les liens entre les gangs et la criminalité régionale.
- Situation humanitaire : les intervenants devraient également évoquer l’aggravation des déplacements internes, les besoins humanitaires et les difficultés persistantes d’accès aux services essentiels dans les zones touchées par les violences armées.
En résumé, cette réunion du Conseil de sécurité sera centrée sur trois axes : le processus électoral, la lutte contre les gangs et le soutien international à la stabilisation d’Haïti. Le rapport du Secrétaire général souligne quelques avancées administratives, tout en rappelant que les conditions sécuritaires demeurent le principal obstacle à la tenue d’élections crédibles.

