23 juillet 2026
Environnement : Valéry Fils-Aimé plaide pour la justice climatique à Paris, mais peine à convaincre sur son bilan en Haïti
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Environnement : Valéry Fils-Aimé plaide pour la justice climatique à Paris, mais peine à convaincre sur son bilan en Haïti

Invité sur les ondes de RFI à l’occasion de la Conférence mondiale de la Décennie internationale des sciences au service du développement durable, organisée à l’UNESCO à Paris, le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, a dressé un tableau des défis environnementaux auxquels Haïti est confrontée. Insistant sur la nécessité d’une plus grande justice climatique, il a rappelé que le pays, bien qu’étant un faible émetteur de gaz à effet de serre, subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. Un discours qui trouve un écho sur le plan international, mais qui soulève également des interrogations quant à sa capacité à transformer ces constats en actions concrètes sur le terrain.

Au-delà des déclarations, plusieurs observateurs estiment que le ministère peine à apporter des réponses efficaces aux urgences environnementales du pays. Dégradation accélérée des bassins versants, gestion chaotique des déchets, déforestation persistante, pollution des cours d’eau et faible capacité institutionnelle demeurent des défis majeurs. Pour ces critiques, la participation du ministre à des forums internationaux contraste avec les résultats visibles en Haïti, où les politiques publiques peinent à produire des effets mesurables.

Le département du Nord est régulièrement cité comme un exemple des difficultés du ministère à traduire ses engagements en réalisations. Le lancement du projet « Zéro Déchet », largement médiatisé, n’a pas permis d’améliorer durablement la gestion des déchets dans la région, selon ses détracteurs. Plusieurs zones urbaines continuent d’être confrontées à l’accumulation des détritus, alimentant les critiques sur l’absence de suivi, de coordination et de stratégie durable. Pour de nombreux citoyens, cette initiative illustre l’écart entre les annonces officielles et la réalité observée sur le terrain.

Dans ce contexte, les interventions du ministre sur la scène internationale risquent de susciter davantage de scepticisme que d’adhésion si elles ne s’accompagnent pas de résultats concrets en Haïti. La revendication d’une justice climatique est largement reconnue comme légitime. Toutefois, plusieurs analystes estiment que la crédibilité de ce plaidoyer dépend aussi de la capacité des autorités à renforcer la gouvernance environnementale, à exécuter efficacement les projets annoncés et à répondre aux attentes des populations confrontées quotidiennement à la dégradation de leur cadre de vie. Pour ces observateurs, le véritable défi ne se limite plus au diagnostic, mais réside désormais dans la mise en œuvre de solutions durables et mesurables.

Guyno DUVERNE 

duverneguyno@gmail.com

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