Nations unies, 20 juillet 2026 — « Nous saluons particulièrement le Conseil électoral provisoire pour les mesures concrètes qu’il a prises, notamment sur les plans budgétaire et institutionnel, en vue d’organiser des élections pour la première fois depuis une décennie », a déclaré le représentant des États-Unis devant le Conseil de sécurité.
Washington a ainsi recommandé le retour d’Haïti à une gouvernance démocratique et salué les démarches entreprises par le Conseil électoral provisoire. Toutefois, le diplomate américain n’a avancé aucune date pour la tenue du scrutin et n’a mentionné à aucun moment le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
L’intervention américaine a essentiellement porté sur la détérioration de la situation sécuritaire, les efforts de la Gang Suppression Force (GSF) et le renforcement des capacités de la Police nationale d’Haïti. Le représentant des États-Unis a soutenu que « le succès signifie que les gangs ne contrôlent plus la moitié d’Haïti », présentant la reconquête du territoire comme le principal indicateur de réussite de la force internationale.
S’appuyant sur une récente visite en Haïti, il a décrit les gangs comme des organisations qui contrôlent des axes routiers, imposent des barrages et des péages illégaux, recrutent des enfants, alimentent le trafic de stupéfiants et recourent à une violence extrême pour terroriser la population.
Il a cité le cas d’un enfant de huit ans enrôlé par un gang ainsi que celui de policiers et d’un conducteur d’engin de chantier exécutés dans des circonstances particulièrement brutales.
Washington a salué le travail de la GSF, notamment son commandement mongol, les unités aériennes salvadoriennes, les formateurs jamaïcains, les contingents tchadiens et le déploiement annoncé de militaires sri-lankais.
Le représentant américain a rappelé que le Conseil de sécurité avait confié à cette force un mandat offensif, destiné à reprendre les territoires contrôlés par les gangs et à traduire leurs chefs en justice ou à les neutraliser lorsqu’ils opposent une résistance armée.
Les États-Unis ont également lancé un appel aux pays disposant de capacités de transport aérien afin d’accélérer le déploiement des contingents internationaux encore en attente, notamment ceux provenant du Sri Lanka, du Bangladesh et de la Côte d’Ivoire.
Sur le plan sécuritaire national, Washington a réaffirmé son soutien au programme accéléré de recrutement P-4000 de la Police nationale d’Haïti, dont l’objectif est d’intégrer 4 000 nouveaux policiers d’ici au début de 2027. Selon le représentant américain, 2 000 agents ont déjà été formés et sont en cours de déploiement à travers le pays.
Sur le plan institutionnel, les États-Unis ont estimé que les Haïtiens méritaient « des rues libérées des gangs, des institutions libres de toute intimidation et un gouvernement choisi par le peuple ».
Cependant, au-delà des félicitations adressées au CEP pour ses mesures budgétaires et administratives, aucun calendrier électoral précis n’a été présenté. Aucune date de scrutin, aucune échéance pour la publication du calendrier et aucune garantie quant à l’organisation effective des élections en 2026 n’ont été avancées.
Le représentant américain n’a pas davantage cité le nom du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dont le gouvernement affirme depuis janvier que 2026 sera une année électorale. Son intervention s’est limitée à mentionner les « autorités haïtiennes », la PNH, les Forces armées d’Haïti, le CEP et les partenaires internationaux.
En conclusion, Washington a averti que l’effondrement d’Haïti ne pourrait rester circonscrit à ses frontières, en raison de la violence des gangs, du trafic de drogue, du trafic d’armes et des migrations irrégulières.
« Les États-Unis sont aux côtés d’Haïti », a déclaré le représentant américain, promettant de poursuivre la coopération avec les Haïtiens, la GSF et les partenaires internationaux afin de restaurer la sécurité, de partager le fardeau et d’aider le peuple haïtien à reprendre le contrôle de son pays.
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