26 juillet 2026
Comment FANMI Lavalas expliquera-t-il que le 16 décembre, victoire populaire de 1990, est devenu sous Alix Fils-Aimé, le jour programmé pour abolir la Constitution de 1987 ?
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Comment FANMI Lavalas expliquera-t-il que le 16 décembre, victoire populaire de 1990, est devenu sous Alix Fils-Aimé, le jour programmé pour abolir la Constitution de 1987 ?

Face à la velléité du gouvernement de doublure d’Alix Didier Fils-Aimé, où FANMI Lavalas et le PHTK cohabitent sans états d’âme, Maryse Narcisse, Pacha Vorbe, les cadres du parti et leurs représentants au pouvoir devront répondre devant l’Histoire : demeureront-ils les héritiers du 16 décembre 1990 ou deviendront-ils les auxiliaires de son effacement, le 16 décembre 2026 ?

Comment FANMI Lavalas expliquera-t-il au peuple haïtien que le 16 décembre, jadis consacré à la victoire du suffrage universel, pourrait devenir en 2026 la date symbolique de la disparition rageuse de la Constitution de 1987 ? Le 16 décembre 1990 dépassa largement le cadre d’une échéance électorale. Il consacra l’irruption d’un peuple longtemps exclu de l’État, la rupture avec l’ordre duvaliériste et l’accession de Jean-Bertrand Aristide au pouvoir par la souveraineté des urnes. Trente-six ans plus tard, cette mémoire risque d’être retournée contre elle-même.

Le peuple haïtien avait payé cher cette conquête. Le 5 décembre 1990, un attentat meurtrier à Port-au-Prince avait assombri la campagne et contraint Aristide à limiter ses déplacements. Des villes entières avaient alors fait savoir au candidat qu’il n’avait plus besoin de venir : elles voteraient pour lui malgré son absence. Cette parole populaire résumait une époque où l’espérance collective semblait plus forte que la peur. Le 16 décembre était devenu la date d’un contrat moral entre une nation et la démocratie.

FANMI Lavalas peut-il aujourd’hui participer au gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé sans interroger ce renversement historique ? La Constitution de 1987 avait constitué le cadre juridique de l’élection de 1990, de l’investiture du 7 février 1991 et de la transmission du pouvoir à un gouvernement issu du vote populaire. Comment un mouvement né de cette architecture institutionnelle pourrait-il accompagner le PHTK et ses alliés dans un processus visant à remplacer le texte qui avait rendu cette victoire possible ?

Le 16 décembre 2026 pourrait ainsi devenir le théâtre d’une ironie politique brutale : la date de l’émancipation populaire utilisée pour proclamer la disparition de la norme constitutionnelle qui l’avait protégée. Maryse Narcisse, Pacha Vorbe, les cadres de FANMI Lavalas et leurs représentants au pouvoir devront répondre à une question simple : resteront-ils les héritiers du 16 décembre 1990 ou les auxiliaires de son effacement ? L’Histoire ne juge pas seulement les adversaires déclarés d’un peuple ; elle examine aussi ceux qui, au nom du pouvoir, consentent à profaner leur propre mémoire.

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