22 juin 2026
Voyages, per diem, salons VIP : qui finance les missions sans résultats de « Leurs Excellences » Fils-Aimé et Raina ?
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Voyages, per diem, salons VIP : qui finance les missions sans résultats de « Leurs Excellences » Fils-Aimé et Raina ?

L’on comprend mieux pourquoi ils aiment tant le titre de « Son Excellence » :
ils excellent à détourner les regards quand le peuple dort sous les ruines,
ils excellent à voler de salon en salon, pigeons dorés d’une République sans toit,
ils excellent à parler au nom des blessés sans jamais panser leurs plaies,
ils excellent surtout à gouverner l’ombre, les factures closes et les comptes muets.

Voyages sur voyages, escales sur escales, promesses sur promesses : les dirigeants haïtiens semblent avoir découvert une diplomatie à roulettes, un pouvoir à valises, une gouvernance d’aéroport. Vatican hier, Boston, New York, Miami, Philadelphia aujourd’hui, Panama demain : le même refrain revient, sans compte-rendu public, sans bilan administratif, sans justification financière accessible à la princesse en haillons qui paie pourtant l’addition.

Au Brésil, le président de la fédération de football, Samir Xaud, est désormais sommé par la presse et l’opinion de s’expliquer sur des accusations de dépenses privées imputées à la CBF. Une chambre d’hôtel à New York, une supposée compagne, des factures contestées, une fédération contrainte de répondre : même dans l’univers du football-roi, les comptes deviennent une affaire publique. Pourquoi Haïti, République meurtrie, appauvrie, déplacée, livrée aux gangs et aux promesses importées, devrait-elle accepter moins de reddition des comptes que la Confédération brésilienne de football ?

Et “Leurs Excellences” Fils-Aimé et Raina, que doivent-ils à la princesse en haillons ? Qui paie les billets aller-retour Haïti–États-Unis, États-Unis–Haïti ? Qui valide les ordres de mission ? Qui autorise les per diem ? Qui contrôle les hôtels, les délégations, les suites protocolaires, les salons VIP, les véhicules, les frais annexes et les cortèges diplomatiques ? Quelle institution reçoit les rapports ? Quel citoyen peut consulter les pièces justificatives ? À force de voler de tribune en tribune, ces pigeons-voyageurs du pouvoir semblent confondre représentation nationale et excursion permanente.

Ils parlent d’élections « libres et honnêtes » pendant que les sans-abri dorment sous des bâches, que les victimes des gangs enterrent leurs morts, que les déplacés internes changent de refuge comme d’autres changent de salon diplomatique. Ils invoquent la sécurité, mais la sécurité ne se décrète pas depuis un lounge d’aéroport. Ils parlent de gouvernance, mais la gouvernance commence par une facture publiée, un mandat expliqué, un rapport signé, une mission évaluée.

L’on comprend pourquoi ils se font appeler « Son Excellence » : ils excellent en diversion, excellent en protocole, excellent en escales calculées, excellent en silence budgétaire. Mais la République n’est pas une carte d’embarquement. L’argent public n’est pas une valise sans propriétaire. Le peuple haïtien, devenu cette princesse en haillons que l’on dépouille au nom de la diplomatie, a droit à autre chose que des communiqués creux et des photos de voyage.

Si Samir Xaud doit répondre devant l’opinion brésilienne pour une facture d’hôtel contestée, alors Fils-Aimé, Raina et toute la caravane officielle doivent, eux aussi, répondre devant Haïti. Combien de voyages ? Combien de dollars ? Combien de résultats ? Combien de rapports ? Combien de promesses recyclées ? À défaut de réponses, leurs missions resteront ce qu’elles paraissent déjà : des itinéraires de diversion, financés par un peuple à qui l’on demande de survivre pendant que ses représentants voyagent.

cba

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