Un rare vent de contestation souffle au sein du Parti républicain après l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit déclenché fin février. Plusieurs élus conservateurs dénoncent un texte qu’ils jugent trop favorable à Téhéran et éloigné des objectifs affichés par le président Donald Trump.
L’accord prévoit notamment un allègement progressif des sanctions visant l’Iran ainsi qu’un fonds de reconstruction estimé à 300 milliards de dollars. En échange, Téhéran accepte la réouverture temporaire du détroit d’Ormuz, axe stratégique pour le commerce mondial de l’énergie.
Mais plusieurs figures républicaines dénoncent l’absence d’engagements fermes sur le programme nucléaire iranien et sur le soutien de la République islamique à ses alliés armés dans la région.
Le sénateur de Louisiane Bill Cassidy a qualifié l’entente de « pire raté en matière de politique étrangère depuis des décennies ». D’autres élus influents, dont Ted Cruz, Roger Wicker et John Cornyn, ont exprimé leurs inquiétudes quant au risque de voir l’Iran utiliser les ressources obtenues pour renforcer ses capacités militaires.
Roger Wicker, président de la commission sénatoriale des forces armées, estime que l’accord est « en décalage total » avec les objectifs annoncés par la Maison-Blanche. Ted Cruz a, lui, mis en garde contre tout financement susceptible de permettre à l’Iran de redevenir une menace pour les États-Unis.
Donald Trump rejette ces critiques. Le président américain affirme que cet accord constitue la meilleure option pour garantir la reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et faire reculer les prix de l’énergie. Il a toutefois prévenu que les frappes militaires pourraient reprendre si les négociations prévues dans les prochaines semaines échouaient.
L’accord, encore provisoire, ouvre désormais une période de discussions de 60 jours dont l’issue pourrait peser durablement sur l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient.

