Au Sheraton d’Atlantic City, le bicolore haïtien donne le frisson : fierté pour les Grenadiers, honte pour les corrompus
Atlantic City vibre aux couleurs d’Haïti,
Le bleu et rouge habille le Sheraton,
Le drapeau descend dans le lobby comme un cri de dignité,
Et tout un peuple, loin de sa terre, sent monter le frisson.
Ce bicolore n’est pas un décor.
C’est la mémoire de Vertières,
Le sang des ancêtres,
La sueur des familles,
La douleur des déplacés,
La foi têtue d’un pays que personne n’a réussi à effacer.
Quelle fierté de voir Haïti honorée dans une grande chaîne hôtelière,
Quelle émotion de savoir les Grenadiers accueillis avec respect,
Quelle force de sentir que, malgré les gangs, la misère et l’exil,
Le nom d’Haïti peut encore faire lever des têtes.
Mais cette image accuse aussi.
Elle accuse les voleurs de l’État.
Elle accuse les faussaires de la transition.
Elle accuse les trafiquants d’influence, les marchands de décret,
Les prédateurs de contrats publics,
Les ministres sans reddition de comptes,
Les dirigeants qui voyagent pendant que le peuple tombe.
Car la corruption n’est pas une abstraction.
Elle tue l’enfant sans école,
Elle tue le malade sans hôpital,
Elle tue la mère déplacée sous une bâche,
Elle tue le jeune livré aux gangs,
Elle tue la diaspora saignée par les transferts,
Elle tue les frères et sœurs restés sur le terrain.
L’impunité, elle aussi, porte un visage.
Celui des dossiers enterrés,
Des rapports oubliés,
Des fortunes bâties sur la détresse nationale,
Des responsables publics qui exigent les honneurs
Après avoir laissé la République à genoux.
Ce soir, au Sheraton d’Atlantic City,
Le drapeau haïtien parle plus fort que les discours officiels.
Il dit que le pays vaut mieux que ses dirigeants.
Il dit que les Grenadiers donnent au monde une image d’honneur
Là où le pouvoir exporte trop souvent la honte.
Que cette image serve donc d’avertissement :
Haïti n’est pas morte.
Haïti regarde.
Haïti juge.
Et chaque fois que son bicolore flotte avec dignité,
Il rappelle aux corrompus que la patrie n’est pas leur propriété.
cba

