16 juin 2026
Quel peut-être l’impact sur Haïti de l’appel d’offre pour les fréquences 700 MHz en République Dominicaine ?
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Quel peut-être l’impact sur Haïti de l’appel d’offre pour les fréquences 700 MHz en République Dominicaine ?

Demain, 16 juin 2026, est la date limite pour le dépôt des offres dans le cadre de l’appel d’offres international INDOTEL/LPI-001-2026 pour l’attribution de fréquences dans la bande 700 MHz (et d’autres bandes).

Ce processus, lancé par l’Instituto Dominicano de las Telecomunicaciones (INDOTEL), représente une opportunité stratégique majeure pour le développement des télécommunications en République dominicaine.

Après deux tentatives infructueuses en 2021 et 2023-2024, cette troisième édition a été profondément remaniée pour attirer les investisseurs : baisse significative des prix de réserve (environ 40 000 USD par MHz/an, soit une réduction de près de 80 %), facilités de paiement, obligations de couverture adaptées et possibilité de compenser jusqu’à 30 % du montant par des investissements en service universel.

Rappel des enjeux du déploiement de la bande 700 MHz

La bande 700 MHz est souvent qualifiée de « spectre en or » dans l’industrie des télécommunications.

Ses caractéristiques techniques exceptionnelles — excellente propagation sur de longues distances et bonne pénétration dans les bâtiments — en font un atout irremplaçable pour :

• Étendre la couverture mobile dans les zones rurales et difficiles d’accès, où les bandes hautes (comme la 3,5 GHz) sont moins efficaces.

• Améliorer la qualité des services 4G et préparer le déploiement de la 5G avec une capacité accrue et une latence réduite.

• Réduire la fracture numérique nationale, un objectif affiché par le gouvernement dominicain pour connecter davantage de populations et soutenir la croissance économique, l’éducation et la santé en ligne.

• Renforcer la concurrence et stimuler les investissements privés dans un marché dominé par Claro, Altice et Viva (Trilogy).

Jusqu’à 60 MHz sont mis en jeu dans cette bande (six blocs de 10 MHz en configuration 5+5), aux côtés d’autres fréquences (AWS, 2300-2400 MHz et 3500-3700 MHz).

Les adjudicataires devront respecter des engagements concrets de couverture : atteindre 60 % de la population en 36 mois et 90 % en 60 mois pour la bande 700 MHz, avec des cibles régionales précises.

Le déploiement aura également des retombées régionales, notamment pour Haïti. Une attribution réussie côté dominicain facilitera la coordination transfrontalière du spectre, accélérera la libération de la bande en Haïti via le CONATEL et servira de référence pour les futures attributions locales.

Elle représente aussi une opportunité de coopération bilatérale dans un secteur stratégique.

Attentes et probabilités de résultat

Les attentes sont élevées après les ajustements substantiels apportés par l’INDOTEL.

Les opérateurs historiques — Claro, Altice et Viva — apparaissent comme les mieux positionnés. Ils disposent déjà d’infrastructures solides, d’une expérience opérationnelle éprouvée et d’une présence nationale importante.

Ils devraient logiquement soumissionner, au moins pour consolider leurs positions et répondre à la demande croissante en données mobiles.

Le scénario le plus probable demeure un succès partiel ou total de l’appel d’offres, avec l’attribution d’une grande partie des blocs 700 MHz aux opérateurs existants, éventuellement complétés par des consortiums.

Les réductions tarifaires et l’assouplissement des conditions augmentent considérablement les chances de réussite comparativement aux tentatives précédentes.

L’ouverture des offres économiques est prévue le 28 juillet 2026, tandis que l’adjudication finale devrait intervenir en août 2026.

Impact majeur sur le marché haïtien

En principe, le succès de cet appel d’offres pourrait avoir plusieurs répercussions directes sur Haïti :

• Accélération de la libération et de l’attribution du 700 MHz côté haïtien

Le déploiement réussi en République dominicaine exercerait une pression supplémentaire sur le CONATEL pour libérer rapidement cette bande, encore partiellement occupée par d’autres usages.

Cela permettrait aux opérateurs haïtiens, notamment Digicel et Natcom, d’améliorer significativement leurs réseaux 4G et de préparer plus efficacement la transition vers la 5G.

• Référence tarifaire régionale

Le nouveau prix de référence dominicain, fortement réduit, pourrait servir de modèle pour les futures attributions de fréquences en Haïti et favoriser des conditions plus attractives pour les investisseurs.

• Coordination transfrontalière renforcée

Le succès du processus dominicain faciliterait les accords techniques entre l’INDOTEL et le CONATEL afin de réduire les interférences radioélectriques dans les zones frontalières.

Une meilleure harmonisation du spectre profiterait directement aux utilisateurs des deux côtés de l’île.

• Nouvelles opportunités d’investissement

Les résultats de cet appel d’offres pourraient encourager des partenariats régionaux ou des consortiums impliquant des acteurs haïtiens dans le développement futur des infrastructures numériques.

Y aura-t-il de nouveaux investisseurs ?

L’hypothèse demeure possible, mais elle paraît moins probable que la participation des opérateurs déjà établis.

L’appel d’offres est ouvert aux entreprises étrangères, mais celles-ci doivent satisfaire à des exigences techniques et financières importantes, créer une entité locale en cas de succès et respecter des obligations strictes de déploiement.

Des consortiums réunissant des partenaires dominicains et internationaux apparaissent comme le scénario le plus réaliste pour de nouveaux entrants.

Perspectives

Le 16 juin 2026 constitue une étape importante pour l’avenir numérique de la République dominicaine et, indirectement, pour celui d’Haïti.

Un nombre élevé d’offres confirmerait l’intérêt du marché pour la bande 700 MHz et ouvrirait la voie à une modernisation accélérée des réseaux mobiles dans toute l’île.

Pour Haïti, l’enjeu dépasse largement la simple question technique des fréquences. Il touche à la compétitivité numérique du pays, à l’amélioration de la connectivité nationale, à l’accès aux services numériques et à la préparation de l’écosystème télécom aux futures technologies 5G.

Les prochaines semaines permettront de mesurer si cette troisième tentative de l’INDOTEL réussira enfin à concrétiser le potentiel stratégique de la bande 700 MHz dans la région caribéenne.

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