Le candidat de droite Abelardo de la Espriella est donné en tête du second tour de l’élection présidentielle colombienne, selon les premiers résultats officiels publiés dimanche soir. Avec près de 90 % des bureaux de vote dépouillés, l’avocat de 47 ans recueille 50,1 % des suffrages, contre 48,3 % pour son adversaire de gauche, le sénateur Ivan Cepeda.
Soutenu par le président américain Donald Trump, l’homme d’affaires, surnommé « Le Tigre », a mené une campagne axée sur la lutte contre l’insécurité, le narcotrafic et les groupes armés. Il promet un durcissement de la politique sécuritaire, la construction de mégaprison, un rapprochement avec Washington ainsi qu’une réduction de la taille de l’État.

En face, Ivan Cepeda, allié du président sortant Gustavo Petro, défend la poursuite des réformes sociales et une adaptation de la stratégie de « paix totale » engagée avec les groupes armés. Philosophe et défenseur des droits humains, il a appelé à gouverner « pour l’ensemble du pays » dans un climat politique marqué par une forte polarisation.
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte de recrudescence des violences. La Colombie connaît depuis plusieurs mois une dégradation de la situation sécuritaire, avec des attaques attribuées à des groupes armés, des assassinats de responsables communautaires et des tensions liées au narcotrafic.
Quelque 41 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour désigner le successeur de Gustavo Petro, empêché par la Constitution de briguer un second mandat.
Les résultats restent provisoires, mais si cette tendance se confirme, Abelardo de la Espriella deviendra le premier président colombien ouvertement aligné sur les positions politiques de Donald Trump, marquant un virage à droite de la quatrième économie d’Amérique latine.


