Port-au-Prince — Les images de célébration et les discours officiels autour des Grenadiers aux États-Unis contrastaient brutalement avec la réalité haïtienne. Pendant qu’Alix Didier Fils-Aimé et plusieurs officiels profitaient de leur déplacement à Boston autour du Mondial 2026, Cité Soleil sombrait à nouveau dans le deuil : une attaque armée visant une bande à pied de supporters aurait fait plusieurs dizaines de victimes.
Selon des responsables du CPD (Comité Paix et Développement) cités dans les premiers témoignages, le cortège festif avait été organisé après la rencontre Haïti–Écosse. Malgré la défaite des Grenadiers, des habitants étaient descendus dans les rues pour célébrer le retour historique de la sélection nationale en Coupe du monde. La bande à pied aurait quitté la zone de Wharf Jérémie pour traverser plusieurs quartiers, notamment Port-Rouge et Champs-Ferrel, avec des enfants, des jeunes et des familles munis de vuvuzelas et d’instruments de fête.
Mais la célébration aurait tourné au massacre. D’après les mêmes sources locales, la foule se serait retrouvée prise dans un conflit opposant des groupes armés rivaux associés à Benji et Mikano. Des tensions accumulées depuis plusieurs semaines auraient débouché sur une attaque directe contre des civils sans défense. Le bilan provisoire évoque une trentaine de morts, des blessés et plusieurs personnes toujours portées disparues plus de 72 heures après les événements.
Au moment où le pays comptait ses victimes, l’absence des dirigeants sur le terrain ravivait les interrogations sur les priorités du pouvoir. Le contraste entre les rencontres protocolaires aux États-Unis, les photos officielles autour du maillot national et la tragédie vécue par des familles de Cité Soleil expose une fracture profonde entre communication politique et détresse quotidienne d’une population abandonnée aux violences armées.

