18 juin 2026
Mondial 2026 — « Le Brésil était un rêve, mais Haïti est dans mon cœur » : la diaspora se prépare au choc de vendredi
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Mondial 2026 — « Le Brésil était un rêve, mais Haïti est dans mon cœur » : la diaspora se prépare au choc de vendredi

Philadelphia, PA — Cinquante-deux ans après sa première apparition sur la scène mondiale en 1974, Haïti revit l’émotion d’une Coupe du monde. Des tribunes de Boston aux rues du New Jersey, jusqu’à Atlanta en Géorgie, les Grenadiers réveillent une fierté nationale longtemps conservée par une diaspora attachée au bleu et rouge.

À quelques heures du duel très attendu face au Brésil, Rezo Nòdwès a donné la parole à trois supporters haïtiens. Trois regards différents : la frustration après Haïti–Écosse, l’espoir d’un exploit contre la Seleção et l’attente du dernier rendez-vous du groupe.

Boston : « C’était une émotion immense, mais je suis resté sur ma faim »

Installé aux États-Unis depuis plus de vingt ans, un supporter haïtien vivant à Boston garde encore en mémoire son entrée dans le stade samedi dernier pour Haïti–Écosse. Pour lui, assister à une rencontre de Coupe du monde avec Haïti sur le terrain était un rêve devenu réalité.

« C’était la première fois de ma vie que je voyais un match de Coupe du monde dans un stade. Voir Haïti évoluer à ce niveau, ici aux États-Unis, c’était une grande émotion », raconte-t-il.

Mais derrière la fierté, la frustration demeure. Selon lui, plusieurs décisions arbitrales ont laissé un goût amer.

« J’étais heureux, mais aussi déçu. Certaines actions méritaient, selon moi, une vérification de la VAR. J’aurais voulu voir nos joueurs réclamer davantage, mettre plus de pression pour que certaines décisions soient revues », explique-t-il.

Interrogé sur une éventuelle présence vendredi soir à Philadelphie pour Haïti–Brésil, il répond qu’il suivra la rencontre depuis Boston.

« Non, je ne serai pas au stade. Le déplacement n’était pas prévu. Et puis, après ce premier match, il y a encore cette déception. Mais cela ne change rien : je soutiens toujours les Grenadiers », affirme-t-il.

New Jersey : « Le Brésil était un rêve, mais Haïti est dans mon cœur »

Un autre supporter haïtien, résident du New Jersey, a suivi la première sortie des Grenadiers devant son écran. Contrairement aux plus pessimistes, il veut retenir la combativité affichée par l’équipe nationale.

« J’ai vu une équipe organisée, une équipe qui pouvait jouer. Les espoirs sont encore là. Il faut continuer à croire en ces joueurs », déclare-t-il.

Lui sera bien présent vendredi soir à Philadelphie. Il prévoit d’arriver plusieurs heures avant le coup d’envoi pour vivre pleinement l’ambiance d’un match particulier.

Car pour beaucoup d’Haïtiens, affronter le Brésil dépasse le simple cadre sportif. La Seleção a longtemps été l’équipe admirée dans les quartiers haïtiens, une référence transmise de génération en génération.

Mais vendredi soir, son choix ne souffre d’aucune hésitation.

« Voir le Brésil jouer, c’était un rêve. Mais aujourd’hui, c’est Brésil contre Haïti. Le Brésil reste une grande équipe, mais Haïti est dans mon cœur », confie-t-il.

Géorgie : Atlanta attend déjà les Grenadiers

Jointe par téléphone en Géorgie, une supporteuse haïtienne vivant dans la région d’Atlanta affirme que la communauté locale se prépare déjà à accueillir le dernier match de groupe des Grenadiers.

« Il y a beaucoup d’Haïtiens ici en Géorgie, comme à Boston ou ailleurs aux États-Unis. Je ne peux pas parler pour tout le monde, mais je sais que les Grenadiers auront du soutien », explique-t-elle.

Pour elle, les résultats ne changeront pas l’attachement de la diaspora à son équipe.

« Peu importe ce qui se passera contre le Brésil, les Haïtiens seront là. Cette équipe représente notre histoire, notre identité. Nous voulons les voir sortir la tête haute, pourquoi pas avec un match nul ou une victoire », espère-t-elle.

Une équipe portée par les enfants de l’immigration haïtienne

Depuis leur camp de base d’Atlantic City, les Grenadiers poursuivent leur préparation. Cette sélection porte une particularité forte : une grande partie de l’effectif est composée de fils de l’immigration haïtienne, formés loin du pays d’origine de leurs parents, mais revenus défendre les couleurs nationales.

À côté de cette mobilisation populaire, le déplacement de plusieurs responsables du gouvernement haïtien aux États-Unis pour assister aux rencontres, notamment Haïti–Brésil, intervient sans grande communication officielle sur l’organisation et le financement de ces présences aux abords du Mondial.

Vendredi soir, au-delà du score, une image restera déjà acquise : celle d’un peuple dispersé mais rassemblé autour d’un maillot. Entre héritage, passion et mémoire, les Grenadiers continuent de faire battre le cœur d’une diaspora qui attendait ce moment depuis plus d’un demi-siècle.

cba

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