Après son absence remarquée à l’Arcahaie lors des célébrations du 18 mai, Alix Didier Fils-Aimé fait de nouveau face aux interrogations sur la transparence des dépenses publiques : combien coûtera au Trésor public son prochain déplacement aux États-Unis, entre frais de voyage, logistique, sécurité et délégation officielle, pour aller parader autour du Mondial ? N’étant invité ni par la FIFA, ni par le gouvernement américain, ni par la municipalité de Boston, les frais liés à sa sécurité devraient, selon cette logique, être assumés sur ses fonds propres.
Port-au-Prince — À New York, même un billet de match devient une affaire publique. Le maire Zohran Mamdani a dû répondre aux interrogations sur le prix de son billet pour une finale NBA, affirmant avoir payé près de 1 000 dollars de sa poche. Dans une démocratie fonctionnelle, la transparence ne s’arrête pas aux grands contrats : elle s’étend aussi aux privilèges, aux invitations et aux dépenses des responsables publics.
En Haïti, une question similaire attend le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé : qui exigera la publication des coûts liés à son éventuel déplacement pour la Coupe du monde 2026 ? Billets d’avion, hébergement, sécurité, délégation officielle, frais protocolaires : quelle part serait assumée par le Trésor public ?
Cette interrogation intervient après les controverses entourant l’achat annoncé de téléviseurs destinés à permettre à la population de suivre les rencontres du Mondial. Quel montant exact a été engagé ? Quelle procédure de passation de marché a été utilisée ? Quels fournisseurs ont été retenus ?
À l’heure où des milliers de familles déplacées vivent dans des conditions précaires, où l’État affirme manquer de ressources face à la crise sécuritaire et où des employés du CEP restent sans salaire depuis plus d’un trimestre, la reddition de comptes s’impose comme un principe fondamental de gestion publique.
Un responsable politique peut, certes, assister à un événement sportif mondial, que celui-ci concerne ou non ses compatriotes. La vraie question est ailleurs : avec quel argent, selon quelles règles et avec quel niveau de transparence envers les citoyens ? Le cas du maire de New York en dit long.
cba
P.-S. Ce voyage pourrait ne pas avoir lieu, sauf changement de dernière heure. Mais qui sait ? Ariel Henry, tout comme Alix Didier Fils-Aimé, ont-ils démontré, ne serait-ce qu’une seule fois, qu’ils se soucient réellement des problèmes de l’Haïtien vivant dans la crasse, la marginalisation, sans eau, sans électricité, et pire encore, livré à la violence des gangs ? Leur tweet paraît plus révélateur que jamais.

