Les océans, qui couvrent plus de 70 % de la surface de la Terre et assurent l’équilibre climatique de la planète, subissent une dégradation sans précédent sous l’effet du changement climatique, de la pollution et de la surexploitation des ressources, selon une vaste évaluation scientifique publiée par les Nations unies.
Fruit de près de cinq années de travail mené par quelque 550 experts issus de 86 pays, le rapport mondial sur l’état des océans dresse un constat alarmant : l’élévation du niveau de la mer s’accélère, la biodiversité marine recule et les systèmes alimentaires dépendant de la mer sont de plus en plus fragilisés.
Selon l’étude, le rythme de montée des océans a plus que doublé ces dernières années, atteignant 4,3 millimètres par an en 2023. Les zones marines pauvres en oxygène, souvent qualifiées de « zones mortes », couvrent désormais 4,5 millions de kilomètres carrés, tandis que les températures de l’Arctique augmentent quatre fois plus rapidement que la moyenne mondiale.
La biodiversité est également menacée. Les chercheurs estiment que près de 80 % des récifs coralliens des Caraïbes ont disparu depuis les années 1970. À l’échelle mondiale, jusqu’à 90 % des récifs coralliens pourraient disparaître si le réchauffement dépasse 1,5 °C.
La pollution continue parallèlement de s’intensifier. Chaque année, environ 52 millions de tonnes de déchets plastiques rejoignent les océans, où circuleraient déjà quelque 24 000 milliards de particules de microplastiques affectant plus de 4 000 espèces marines.
L’ONU souligne que cette crise menace directement la sécurité alimentaire mondiale. Les produits de la mer fournissent environ 20 % des protéines animales consommées sur la planète, alors que 37 % des stocks mondiaux de poissons sont déjà surexploités.
Face à ces constats, les experts appellent à une action internationale urgente. Extension des aires marines protégées, réduction des émissions de gaz à effet de serre, lutte contre la pollution plastique et renforcement de la gouvernance des océans figurent parmi les mesures jugées indispensables pour éviter une détérioration irréversible des écosystèmes marins et de leurs services essentiels à l’humanité.

