Au moins 2 300 personnes ont été tuées en Haïti depuis le début de l’année 2026 dans un contexte de violences persistantes des gangs armés, a alerté lundi le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk.
S’exprimant devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, le responsable onusien a également fait état de plus de 1 100 blessés et de 99 enlèvements recensés entre janvier et juin. Ces chiffres témoignent de la détérioration continue de la situation sécuritaire dans ce pays des Caraïbes, où les groupes criminels contrôlent de larges portions du territoire.
Depuis plusieurs années, Haïti est confrontée à une crise multidimensionnelle marquée par des affrontements armés, des déplacements massifs de population et l’effondrement progressif des institutions publiques. Les gangs sont régulièrement accusés de meurtres, de violences sexuelles, de pillages et d’enlèvements contre rançon.
Volker Türk a exhorté les autorités haïtiennes à renforcer les mécanismes judiciaires afin de lutter contre l’impunité. Il a également insisté sur l’urgence du déploiement de la Force de répression des gangs (FRG), une mission multinationale autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU.
Cette nouvelle force doit remplacer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), dont le dernier contingent de policiers kényans a quitté Haïti à la fin du mois d’avril. Selon les Nations unies, la FRG pourra compter jusqu’à 5 500 personnels en uniforme, dont des militaires tchadiens appelés à être déployés progressivement dans les prochains mois.

