17 juin 2026
Haiti-Observateur | Edito – Alix Didier Fils-Aimé à la tête de l’Exécutif : 100 % d’opacité !
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Haiti-Observateur | Edito – Alix Didier Fils-Aimé à la tête de l’Exécutif : 100 % d’opacité !

Haiti-Observateur – Alix Didier Fils-Aimé à la tête de l’Exécutif : 100 % d’opacité !

Durant son mandat intérimaire, à la tête de l’Exécutif, en tant que présidence collective, le Conseil présidentiel de transition (CPT) a été accusé d’opérer dans l’opacité totale prenant trop souvent des décisions controversées, voire illégales.

Une fois choisi pour succéder à celui-ci, Alix Didier Fils-Aimé donne l’impression d’avoir pour mission de poursuivre cette même tendance, voire d’aller encore plus loin. L’information circulant depuis des mois faisant état de la signature de contrats miniers avec des entités étrangères, en catimini, illustre parfaitement cette réalité. Cela devrait inquiéter au plus haut point, dans la mesure où, selon les renseignements véhiculés, les accords en question prévoiraient le secret des termes des engagements « durant des décennies ».

Dans ce contexte, il faut se référer aux conditions dont est assorti le pouvoir confié à Alix Didier Fils-Aimé. Puisqu’il n’a pas été nommé, ni élu, par le peuple haïtien, son autorité relevant de l’entité qui l’a placé aux commandes de la République d’Haïti, il faut croire que tout ce qu’il accomplit, dans sa gouvernance, se préciserait dans une « feuille de route secrète ». Dans ce cas, l’ingénieur Hugue Célestin, qui, dans son article intitulé « Le sous-sol haïtien en liquidation », publié dans cette même édition d’H-O, a parfaitement raison.

Quand on tient compte de la teneur en minerais du sous-sol haïtien, toutes catégories confondues, jusqu’ici inexploités, et dont les différentes évaluations se chiffrent à des millions de dollars, ou même des milliards, il faudrait conclure que l’actuel Premier ministre, sans aucune qualité, a durablement gâché le développement d’Haïti.

Les différents documents publiés sur les richesses minières haïtiennes font croire que le pays haïtien recèle des trésors de natures différentes, dont l’éventuelle exploitation autorise tous les espoirs d’une immense richesse. La mise en valeur de celle-ci, sous la gouverne d’une équipe intelligente et compétente, et aimant, par-dessus tour, sincèrement le pays, ne manquera pas de favoriser la concrétisation du rêve de développement dont ne cessent jamais d’évoquer les intervenants politiques, dans les débats publics.

En effet, plusieurs études et rapports, publiés de temps à autres, font état de la présence, dans le sous-sol haïtien d’or, d’argent, de cuivre, de bauxite et d’autres catégories de mines, dont les conditions d’exploitation n’ont pas offert les avantages que le pays aurait dû bénéficier. Plusieurs compagnies étrangères ont effectué l’extraction industrielle d’or à petite échelle, surtout dans le nord d’Haïti, qui n’ont pas eu un gros impact économique sur le pays.

Cela est différent pour la « Reynolds Haitian Mines, Inc », une filiale de la compagnie américaine « Reynolds Metals Company ». Elle a exploité la bauxite, dans la région de Miragoâne, entre 1941 et 1982, ayant exporté plus de 13 millions de tonnes de ce produit vers son usine basée au Texas. La filiale haïtienne de cette société américaine avait décidé de mettre fin à ses activités, en Haïti, à la suite de revendications salariales initiées par Serge Fourcand, ministre du Commerce et de l’Industrie, sous l’administration de Jean-Claude Duvalier.

Bien que le débat public évolue souvent autour de la teneur en pétrole du sous-sol haïtien, aucun contrat d’exploitation de l’or noir n’a été signé entre Haïti et une quelconque entité étrangère. L’unique initiative lancée dans ce domaine a été celle du milliardaire imposteur haïtien Emmanuel Fritz Paret.

Ce dernier, un ami de Joseph Michel Martelly et du défunt président Jovenel Moïse, avait été octroyé d’un prêt de la Banque nationale de crédit (BNC), pour financer l’achet d’un hôtel, sur la Côte des Arcadins, au nord de la capitale, en sus d’un contrat de prospection du pétrole, dans le Nord du pays. Mais, non seulement il ne pouvait pas honorer les échéances de ce prêt, le personnel cubain, spécialistes dans l’exploitation pétrolière, qui menait ces activités, avait décidé d’abandonner les chantiers, une fois constatée l’insolvabilité de M. Paret face aux exigences salariales.

Si le secteur agricole est souvent évoqué, dans le débat public, comme un levier de développement important, si bien que, dans le passé, on disait d’Haïti qu’il était un « pays essentiellement agricole », le potentiel d’exploitation minière constitue une autre source de richesse à prouver. Aussi peut-on normalement se ranger du côté de ceux qui défendent la sauvegarde des richesses minières du pays.

À cet égard, la levée de boucliers orchestrée contre une perception de dérive, à l’encontre d’Alix Didier Fils-Aimé, mérite d’être articulé à bon escient. Autrement dit, il faut légitimer ce qu’on devrait appeler « une extension de la lutte contre le pillage du pays ». Ce qui signifie se prononcer en connaissance de cause contre tout complot visant à dépouiller le sous-sol haïtien de sa richesse.

Mais, quoi qu’on dise de la gouvernance d’Alix Didier Fils-Aimé, les accusations portées contre lui, par rapport aux « contrats » dénoncés, ne sont pas nécessairement au rendez-vous. Bien que, en raison de l’objectif visé, les dénonciations, dont il est l’objet, soient louables, il importe de supprimer sa condamnation. Bien que l’attitude de M. Fils-Aimé ait favorisé l’évolution des prises de position à son encontre. Mais, à l’instar de la grande majorité des politiciens haïtiens voulant humilier leurs accusateurs, ce dernier ne cherche pas à rectifier les déclarations, inexactes ou fausses, émises contre lui.

Il faut également souligner que cette pratique des dirigeants haïtiens à ignorer les critiques formulées à leur endroit, car voulant ignorer souverainement leurs détracteurs, dans l’objectif d’afficher leur mépris de leurs critiques, constitue également une occasion offerte au grand public de conclure à leur opacité administrative.

Avant de prononcer le verdict final sur le soi-disant contrat illégal, passé à la cloche de bois, par le Premier ministre de facto, avec des entités étrangères, il nous a été donné d’interroger l’autorité en la matière, celui qui détient toutes les informations sur les activités minières, en Haïti, l’ingénieur Claude Prépetit, directeur de l’institution minière haïtienne.

Voici la réponse de ce dernier à nos questions :

« Tout d’abord, le terme “contrat minier” n’existe pas dans la loi minière. On peut signer des Permis d’exploration ou d’exploitation ou des Conventions minières. AUCUN de ces Titres miniers n’a été signé depuis la résolution prise par le Sénat en 2012 pour demander à l’Exécutif de surseoir sur les Permis d’exploitation accordés à des compagnies minières selon les conventions minières négociées depuis 1997 sous le Gouvernement de M Préval. Il n’y a pas d’investissement minier, pas d’exploration ni exploitation de mines en Haïti depuis plus d’une décennie ».

Nous avons d’autres raisons de dénoncer la gestion de l’administration Fils-Aimé, et même de faire chorus avec ceux qui s’acharnent à demander sa mise à l’écart. Mais, en attendant que soient formulées d’autres objections de la présence d’Alix Didier Fils-Aimé, aux commandes de l’État, trêve de critiques des affaires minières ! À moins que les critiques s’imposent la nécessité de s’informer véritablement.

Haïti-Observateur — 17-24 juin 2026

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