Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé les autorités américaines à ouvrir des enquêtes sur chaque décès survenu dans les centres de rétention de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), alors que le nombre de morts en détention connaît une forte augmentation depuis le début de l’année.
Selon les données communiquées par l’ICE, 19 migrants sont décédés en détention depuis janvier 2026, contre huit au cours de la même période l’année précédente. En 2025, l’agence avait enregistré 33 décès, contre 11 en 2024. Cette hausse intervient dans un contexte de durcissement de la politique migratoire américaine, avec plus de 60 000 personnes actuellement détenues dans les centres de l’ICE, dont la capacité devrait atteindre 90 000 places d’ici la fin de l’année.
Dans un communiqué, Volker Türk a demandé que toute violation de la loi fasse l’objet de poursuites et que les familles des victimes aient accès à la vérité, à la justice et à des réparations. Il s’est également inquiété du manque de transparence entourant plusieurs décès, ainsi que des difficultés rencontrées par les proches pour localiser les personnes transférées d’un centre de détention à un autre.
Le Haut-Commissaire évoque aussi des allégations préoccupantes concernant le recours à la force, les soins médicaux insuffisants, une alimentation inadéquate, la surpopulation carcérale et l’utilisation prolongée de l’isolement cellulaire, une pratique susceptible de constituer un traitement cruel, inhumain ou dégradant au regard du droit international.
Parmi les décès recensés cette année, cinq ont été officiellement qualifiés de suicides. Selon l’ONU, l’incertitude liée au statut migratoire et aux longues périodes de détention accentue la détresse psychologique des personnes retenues.
Volker Türk appelle les États-Unis à privilégier des alternatives à la détention, notamment pour les femmes enceintes et les personnes vulnérables. Il insiste également sur le fait que les enfants ne devraient jamais être privés de liberté pour des raisons liées à l’immigration, quelle que soit leur situation administrative ou celle de leurs parents.

