21 juin 2026
…Et le Premier ministre Fils-Aimé repart aux USA
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…Et le Premier ministre Fils-Aimé repart aux USA

Ah ! Messieurs, approchez, venez ouïr la plus belle farce du siècle !

Celle qui se joue non point sur les planches du Palais-Royal, mais sur la terre entière, avec pour acteur principal un certain Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre de facto – titre qui sonne déjà comme une imposture de valet parvenu.

Imaginez la scène : d’un côté, le peuple haïtien, dans ses haillons, pleurant ses enfants enlevés par les brigands des gangs, ces nouveaux seigneurs de la nuit qui rançonnent mieux que les anciens corsaires.

Les mères se tordent les mains, les pères n’ont plus que leurs yeux pour pleurer, et l’économie ? Elle est si morte qu’on pourrait l’enterrer avec les honneurs militaires… si l’on avait encore de quoi payer le clairon.

Et pendant ce temps-là, que fait notre grand homme d’État ?

Il fait ce que tout bon courtisan fait lorsqu’il sent le vent tourner : il vient… et repart !

Et pas n’importe comment, morbleu ! Point de vulgaire mule ou de pirogue fuyante.

Non ! Il loue un jet privé au nom de l’État haïtien, comme un gentilhomme qui commande son carrosse doré.

« Chargez cela sur le Trésor public, mon bon ! » lance-t-il d’un air souverain, pendant que le Trésor, ce pauvre Sganarelle, tousse, crache et rend l’âme.

« Où allez-vous donc, Monsieur le Premier ? » demande le peuple d’une voix mourante.

« Au match Haïti-Brésil, pardi ! Il faut bien soutenir nos vaillants footballeurs ! La patrie me le commande ! »

Et voilà notre Tartuffe d’État qui s’envole, frais comme un gardon, tous frais payés : jet, hôtel, caviar (probablement), et surtout ces fameux frais de représentation – vingt mille dollars américains par jour !

Par jour, messieurs !

De quoi nourrir une famille haïtienne pendant… disons… trois générations, si l’on compte avec parcimonie.

Mais attendez, la farce n’est point terminée !

Hier, tel un vol de courtisans empressés, toute une troupe ministérielle s’est jointe à la comédie.

Le ministre des Finances (celui qui ne trouve jamais d’argent pour les hôpitaux), le ministre de la Planification (qui planifie surtout ses prochaines vacances), celui du Tourisme (ah ! celui-là doit se sentir en mission !), la ministre à la Condition féminine (partie défendre la cause des femmes… depuis les tribunes VIP) et le ministre des Haïtiens vivant à l’étranger (sans doute pour leur montrer que le pays va très bien, merci).

Tous aux frais de la princesse – ou plutôt aux frais de la République, ce qui est bien plus drôle, car la princesse, elle, au moins, a parfois de l’argent.

Ô temps ! Ô mœurs !

On croirait voir Monsieur Jourdain devenu ministre.

Notre Fils-Aimé, tout gonflé de son importance, s’imagine en grand monarque :

« Le peuple souffre ? Qu’il mange du foot !

Les gangs terrorisent ? Qu’on leur envoie des selfies du stade !

L’économie s’effondre ? Vite, un autre déplacement, que le Trésor se vide plus vite ! »

Il repart donc, le cher homme, sans gêne aucune, le front haut, le portefeuille bien garni par les deniers publics.

On le voit presque déclamer, dans le style des grands airs de comédie :

« Oui, je pars en jet, et j’en suis fort aise,
Car gouverner ce pays, morbleu, cela me pèse !
Pendant qu’ils crient famine et qu’ils pleurent leurs morts,
J’irai voir des ballons voler, c’est bien plus drôle encore !
Vingt mille dollars par jour ? Bagatelle, vraiment !
Le Trésor est à moi, je suis son seul amant. »

Et pendant ce temps, dans les rues de Port-au-Prince, un pauvre diable regarde le ciel où passe l’avion et soupire :

« Voilà donc nos impôts qui s’envolent… Au moins, qu’ils gagnent le match, sinon c’est nous qui serons kidnappés par le ridicule. »

Ah ! La belle comédie !

La plus cruelle, la plus actuelle.

Molière en eût fait cinq actes et un ballet final.

Nous, nous n’avons que la réalité : un Premier ministre qui repart, encore et toujours, pendant que le pays reste, cloué au sol par la misère et la honte.

Rideau.

(Et que quelqu’un, de grâce, pense à payer le jet retour… ou pas.

Le peuple paiera.)

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