5 juin 2026
CEP et l’illusion du pouvoir : l’ascenseur finit toujours par redescendre
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CEP et l’illusion du pouvoir : l’ascenseur finit toujours par redescendre

Le pouvoir ressemble à un ascenseur : on y monte vite, parfois sans regarder ceux restés au rez-de-chaussée, puis vient le moment de redescendre sous les mêmes regards. Alix Didier Fils-Aimé peut ordonner, imposer, parler avec l’assurance des hommes portés par les circonstances, mais l’histoire politique enseigne une règle inflexible : le pouvoir demeure passager. Les yeux ouverts sur ses ambitions, mais fermés sur les leçons du passé, il devrait se demander où se trouve aujourd’hui Ariel Henry, lui aussi porté hier par des appuis extérieurs et des certitudes de domination.

Celui qui fut un candidat électoral sans véritable assise populaire se retrouve désormais au centre d’un appareil de pouvoir appuyé par des ambassades. Il se croit fort. Pourtant, sans mandat du peuple, cette force n’est qu’une armure de carton, un géant de papier, une pâte à modeler entre les mains d’intérêts étrangers. Les Duvalier, père et fils, avaient bâti un appareil de terreur autrement plus puissant. Où sont-ils aujourd’hui ? Le pouvoir qui méprise le peuple finit toujours par rencontrer le tribunal du temps.

Quant à Uder Antoine, présenté comme un professionnel accompli, détenteur de plusieurs diplômes et ancien prétendant au poste de Premier ministre, une interrogation demeure : pourquoi un intellectuel ayant construit un tel parcours académique choisirait-il de s’engager dans une aventure institutionnelle aussi contestée ? La valeur d’un parcours universitaire ne réside pas uniquement dans l’accumulation de titres, mais également dans la lucidité, le jugement et la responsabilité historique qui accompagnent chaque décision publique. Un intellectuel ne devrait pas prêter son nom à des opérations qui fragilisent davantage l’État.

Ce texte ne défend pas le CEP. Le Conseil électoral porte lui aussi une lourde responsabilité en acceptant de s’associer à un référendum contesté, dans un pays déjà broyé par l’insécurité, la misère institutionnelle et l’effondrement des services publics. Haïti manque de routes, d’hôpitaux, d’écoles, d’universités reconnues, de gouvernance et de dignité publique. Alors, à quoi servent ces manœuvres ? Alix Didier Fils-Aimé devrait penser à demain : il n’est pas élu, il n’a pas été choisi par le peuple. Le pouvoir est éphémère ; la souveraineté populaire, elle, demeure.

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