19 juin 2026
CEP au point mort : Alix Didier Fils-Aimé peut-il encore vendre l’illusion d’élections en 2026 ?
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CEP au point mort : Alix Didier Fils-Aimé peut-il encore vendre l’illusion d’élections en 2026 ?

Alix Didier Fils-Aimé a-t-il finalement hérité d’un CEP inapte ? Un Conseil électoral provisoire au point mort

Alors que la Constitution de 1987 interdit expressément le recours au référendum pour modifier le texte fondamental, le débat sur l’architecture électorale demeure entier. En matière d’organisation des scrutins et d’élaboration des instruments électoraux, seul le Conseil électoral provisoire est censé disposer des attributions techniques et institutionnelles prévues pour conduire le processus, pendant que les annonces politiques continuent de se multiplier sur fond d’incertitudes.

Port-au-Prince, 19 juin 2026 — Le Conseil Electoral Provisoire (CEP), présenté depuis plusieurs mois comme l’instrument devant conduire Haïti vers un retour à l’ordre constitutionnel, traverse aujourd’hui une période de paralysie préoccupante. Selon des informations recueillies par Rezo Nòdwès auprès de sources internes, l’institution électorale fonctionnerait désormais au ralenti, presque sans activités administratives significatives.

Depuis l’installation controversée d’Uder Antoine à la Direction générale du CEP, sous les applaudissments de BINUH et autres sponsors de M. Fils-Aimles réunions administratives se seraient considérablement espacées, selon des employés contactés. Certaines sources décrivent une institution vidée de sa dynamique quotidienne : absence de réunions régulières, difficultés matérielles et personnel présent sans véritable mission opérationnelle.

« Des employés arrivent au bureau du lundi au vendredi, de 9 heures à 16 heures, uniquement pour passer la journée. Il n’y a pratiquement rien à faire », confie une source proche de l’institution. Selon la même source, des arriérés de salaire aggraveraient encore le malaise interne : plusieurs employés n’auraient reçu aucun salaire depuis plusieurs mois. Pendant ce temps, la Primature bat la grosse caisse autour d’un processus électoral présenté comme imminent. Selon ces témoignages, certains services feraient face à un manque de fournitures élémentaires : absence de rames de papier pour les imprimantes, manque d’encre et quasi-inexistence de communications administratives internes.

Ce blocage intervient après l’élaboration du décret électoral porté par le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé et adopté en Conseil des ministres, à l’unanimité Pourtant, à l’approche de la fin du mois de juin, soit presque six mois après le début de l’année 2026, le calendrier électoral demeure entouré d’incertitudes.

Le gouvernement de doublure continue d’affirmer sa « volonté » d’organiser un scrutin « inclusif et sincère », mais la réalité institutionnelle observée au CEP alimente de nouvelles interrogations : Haïti se dirige-t-elle réellement vers des élections ou vers une répétition du scénario des dernières années, marqué par des annonces successives, des échéances repoussées et des promesses jamais matérialisées ?

Depuis plusieurs transitions politiques, le pays entend les mêmes engagements : relancer la machine électorale, restaurer les institutions démocratiques et remettre le pouvoir à des autorités issues des urnes. Pourtant, année après année, les échéances disparaissent derrière les crises sécuritaires, politiques et institutionnelles.

Parallèlement, le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), mandaté notamment pour accompagner le renforcement de l’État de droit et des institutions nationales, poursuit ses programmes d’appui technique et ses formations. Ses détracteurs lui reprochent cependant son silence face aux débats constitutionnels entourant certains actes pris par les autorités de transition.

Au départ, la mission principale des autorités transitoires était clairement identifiée : rétablir un environnement sécuritaire permettant l’organisation d’élections crédibles. Aujourd’hui, avec un CEP décrit par certains employés comme administrativement paralysé, une interrogation politique demeure : prépare-t-on réellement un scrutin ou seulement une nouvelle annonce électorale destinée à gagner du temps ?

cba

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