Au retour de son voyage aux États-Unis, l’ancien ministre Charles Tardieu, membre des Assises du dialogue interhaitien, promeut la « justice transitionnelle », véritable clef de voute à la réussite d’un exécutif bicéphale, appelé à adresser les défis.
En conférence de presse à Pétion-Ville, l’ancien membre du Conseil universitaire, Charles Tardieu, revient sur les échanges engagés, lors de son déplacement à Washington jeudi dernier, avec des fonctionnaires du gouvernement américain, des représentants de la Caraïbe sur le développement de la crise politique et sécuritaire en Haïti. Avec l’impossibilité de rétablir la sécurité, d’organiser des élections, l’échec de l’exécutif dirigé par le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est pratiquement acté, selon Charles Tardieu.
Dans l’état actuel des choses, un changement de paradigme politique s’impose, de l’avis du professeur Tardieu. La non représentation en février dernier d’Haïti au forum « Shields of the America », considéré comme un carrefour d’échanges de haut niveau entre des leaders de la région pour discuter de l’insécurité, du trafic d’armes et d’organes, du trafic de personnes, de l’immigration illégale est imputable à l’absence d’un pouvoir bicéphale.
Face à l’impératif de changer la donne politique, les Assises du dialogue interhaitien, initiées par le Conseil présidentiel de transition (CPT), recommandent des alternatives à la situation d’Haïti. À la crise de l’insécurité qui dicte sa loi en Haïti, le projet de la « justice transitionnelle » ambitionne de dialoguer avec les gangs armés, rétablir la vérité sur les crimes perpétrés par les groupes armés, selon Charles Tardieu. Il appelle à une réforme judiciaire, à la réparation des victimes de l’horreur des criminels, à des sanctions pénales contre les coupables directs et indirects.
Sans détour, l’ancien sénateur Dieupie Chérubin réclame la mise en place d’un gouvernement bicéphale pour conduire la transition, politique, engager les élections générales. Seul le président détient les prérogatives constitutionnelles pour convoquer le peuple en ses comices, insiste l’ancien parlementaire qui désapprouve les contrats signés par le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, mettant en cause l’autorité de l’État. Il préconise une approche holistique de résolution de la crise de l’insécurité, écartant les démarches classiques d’affrontements entre forces de l’ordre et groupes criminels.
Hervé Noel

