6 août 2026
Alceus Dilson : Comment passer d’un peuple du « kout gouyad » à un peuple qui pense à son avenir ?
Actualités Société

Alceus Dilson : Comment passer d’un peuple du « kout gouyad » à un peuple qui pense à son avenir ?

Un peuple qui n’a pas conscience de sa condition collective est condamné à subir l’humiliation, aussi bien chez lui qu’à l’étranger. Tant que l’intérêt individuel primera sur le destin commun, aucun véritable progrès ne sera possible.

Une partie de la diaspora semble vivre comme si elle était déjà dans une nouvelle Jérusalem. Face aux difficultés, les conversations tournent souvent autour d’une nouvelle destination : « J’irai au Mexique », « J’irai au Brésil », « J’irai en République dominicaine » si le TPS prend fin. Ces réactions sont compréhensibles sur le plan humain, mais elles révèlent aussi une réalité plus profonde : nous réfléchissons davantage à la manière de fuir qu’à celle de reconstruire notre pays.

Or, pour résoudre un problème, il faut d’abord avoir le courage de l’affronter. Chaque Haïtien cherche un refuge, un endroit où recommencer sa vie. Pourtant, la plus grande erreur est de croire que chacun peut sauver sa propre existence pendant que la nation s’effondre.

Où sont les grands débats sur l’insécurité ? Où sont les réflexions sérieuses sur les voies de sortie de crise ? Devons-nous privilégier le dialogue, renforcer les institutions, revoir notre gouvernance ou explorer d’autres alternatives ? Ces questions devraient occuper l’espace public.

Même une partie de nos intellectuels est absorbée par la logique des réseaux sociaux. Les vues, les cadeaux virtuels, les « lions » sur TikTok ou la recherche de popularité sur Facebook semblent parfois avoir remplacé les débats de fond dont le pays a pourtant un besoin urgent.

Le véritable danger réside dans la recherche permanente de solutions faciles. Nous voulons les résultats sans accepter les efforts qu’exige toute grande transformation. Depuis longtemps, nous détruisons plus que nous ne construisons. Et lorsque la situation devient insupportable, beaucoup choisissent de partir chercher ailleurs le confort et la sécurité.

Pourtant, aucun peuple ne gagne durablement le respect des autres sans avoir d’abord bâti son propre pays. Aucun exil ne peut remplacer une nation forte, stable et prospère.

Le débat autour du TPS devrait être l’occasion de changer de paradigme. Qu’il soit prolongé ou non ne résoudra jamais le problème fondamental d’Haïti. La véritable question est la suivante : comment reconstruire Haïti malgré les difficultés actuelles ? C’est cette réflexion qui devrait mobiliser toutes les énergies.

Le changement ne viendra ni d’un visa, ni d’un statut migratoire, ni d’une nouvelle destination. Il viendra lorsque les Haïtiens décideront collectivement que reconstruire leur pays est une responsabilité partagée, exigeant de la vision, des sacrifices et un engagement durable. C’est à ce prix qu’Haïti pourra retrouver sa dignité et le respect auquel elle aspire.

Alceus Dilson 

alceusdominique@gmail.com

WhatsApp : 34240213

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.