14 juin 2026
31è anniversaire de la PNH : 35 policiers tués, 41 commissariats détruits en un an, note le RNDDH
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31è anniversaire de la PNH : 35 policiers tués, 41 commissariats détruits en un an, note le RNDDH

Entre juin 2025 et juin 2026, la Police Nationale d’Haïti (PNH) a évolué dans un contexte extrêmement difficile.   

Au cours de la période analysée, des dons ont été offerts par des partenaires de l’institution et l’Etat haïtien a acquis certains matériels et équipements policiers. Ceux-ci sont demeurés cependant insuffisants. Les agents ne disposent toujours pas de matériels et équipements adéquats et adaptés aux besoins de la population en matière de sécurité. Et, le manque d’armes, de munitions, de véhicules blindés, de matériels de communication et d’équipements de protection individuelle appropriés a fait accroitre la vulnérabilité des policiers lors des opérations ou encore lors des affrontements avec des gangs armés qui, de leur côté, disposent d’armes de guerre de grande portée.   

De juin 2025 à juin 2026, trente-cinq (35) policiers ont été assassinés. Vingt-et-un (21) d’entre eux sont tombés lors d’affrontements avec des bandits armés terroristes. Trois (3) autres ont été enlevés puis sont portés disparus. Au moins huit (8) attaques armées contre les postes de police ont été perpétrées. Et, avec ces nouveaux raids, ce sont quatre-vingt-cinq (85) attaques qui ont ciblé les infrastructures policières de 2021 à nos jours. Les conséquences pour la PNH sont énormes car quarante-et-un (41) commissariats et sous commissariats ont été partiellement ou totalement rasés ou encore, ont été désaffectés. De même, au moins six (6) antennes ont disparu.    

Plusieurs bâtiments accueillant les commissariats et sous-commissariats du pays, vétustes et délabrés, tombent en ruine. Les toits de certains laissent passer l’eau de pluie et les murs d’autres sont fissurés. Ces espaces présentent un danger tant pour les citoyens qui les fréquentent que pour les policiers qui y sont affectés. Les gardes-à-vue inadaptées, insuffisamment aérées et éclairées pour la plupart, croulent sous le poids des personnes privées de liberté. Les cellules sont insalubres, nauséeuses et exposent les agents – autant que les retenus.es – à des risques sanitaires élevés.  

Les difficultés d’ordre logistique sont restées énormes pendant toute la période couverte par ce rapport. L’insuffisance de véhicules de services fonctionnels a empêché les postes de police de couvrir l’étendue de leur juridiction. De même, le manque de véhicules blindés ainsi que l’état dégradé des routes ont considérablement compliqué les déplacements des policiers. Cette situation a favorisé des embuscades tendues par les bandits armés terroristes dont certains ont même placé des engins explosifs sur certains axes routiers menant à Canaan, Lilavois, Santo et à la Croix-des-Bouquets. 

Par ailleurs, la capacité opérationnelle de la PNH est fortement affectée par le nombre élevé de policiers régulièrement assassinés dans l’exercice de leurs fonctions et par les différents départs pour l’étranger, d’agents de l’institution. Ces pertes ont fait monter la pression sur les agents.es qui, de juin 2025 à juin 2026, ont été obligés de travailler de nombreuses heures d’affilée, dans les mêmes conditions. 

 Compte tenu de cette réalité, s’il est vrai que les attentes vis-à-vis du projet P-4000 sont énormes, sans l’octroi de rémunérations prenant en compte la cherté de la vie et d’une protection sociale solide tenant compte du caractère dangereux du travail des agents de la PNH et incluant des avantages sociaux pour tous les agents mais pas seulement pour les responsables de l’institution, ce problème d’effectifs ne sera résolu que temporairement.  

 Les conditions générales de travail décrites dans ce rapport et auxquelles sont soumis les agents de la PNH entraînent des conséquences énormes sur leur bien-être psychologique et professionnel. Le stress engendré par le travail qu’ils sont appelés à effectuer, les incertitudes et les retards enregistrés dans le paiement des salaires et l’octroi des avantages, l’insuffisance des rémunérations face au coût de la vie, la fatigue accumulée en raison des longues heures de service, constituent un manquement grave aux droits à la sécurité au travail et à la protection sociale des policiers.  

Le RNDDH estime que de juin 2025 à juin 2026, les agents de la PNH – hormis ceux et celles qui sont de connivence avec les bandits armés terroristes – ont fait leur possible en vue de répondre aux énormes pressions opérationnelles et aux différentes attentes de la population en matière de sécurité et de protection de l’ordre public. Cependant, cela n’a pas été suffisant. 

Et, si la coopération entre l’Etat haïtien et certains partenaires internationaux demeure importante pour le relèvement et la professionnalisation de l’institution policière, il n’en reste pas moins que c’est aux autorités étatiques haïtiennes qu’incombe l’obligation de procéder à l’évaluation des besoins de l’institution et de lui procurer en qualité et en quantité suffisantes, tous les matériels et équipements dont elle a besoin en vue de ramener l’ordre et la sécurité dans le pays en général et dans les différentes zones contrôlées et/ou occupées par les bandits armés terroristes en particulier. 

Voilà pourquoi le RNDDH recommande aux autorités étatiques de mettre à la disposition de tous les commissariats et sous-commissariats du pays, en quantité suffisante, les matériels et équipements policiers dont ont besoin les agents, en vue d’effectuer leur travail : 

Véhicules de service, véhicules blindés, armes à feu, munitions, moyens de communication, matériels de protection personnelle, etc. ; 

• Veiller à une meilleure affectation des ressources humaines et matérielles de la PNH, afin d’en garantir une utilisation optimale ; 

• Renforcer les capacités du service de renseignement de la PNH afin de garantir une meilleure planification et une meilleure coordination des opérations sur le terrain ;  

• Evaluer et réparer si besoin, les locaux de tous les postes de police du pays, notamment dans les régions reculées ;  

• Améliorer les conditions générales de travail des policiers, réviser leur salaire, veiller au paiement régulier de leurs rémunérations et à l’octroi d’avantages sociaux à tous les policiers, notamment à ceux et celles déployés sur le terrain.

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