Décès, incendies : colère à Saint-Marc contre l’inaction des autorités policières face aux gangs
À Saint-Marc, au moins deux personnes sont mortes, des institutions publiques ont été attaquées puis vandalisées par une foule en colère contre l’inaction de la Police nationale d’Haïti (PNH), face à la multiplication des actes de violence attribués aux gangs « Gran-Grif » et « Kokorat san ras », actifs dans le département de l’Artibonite.
Le mouvement de protestation, lancé par des représentants de l’Association des victimes de Jean-Denis, a été émaillé d’incidents graves. Des affrontements entre policiers et protestataires ont fait, ce lundi 4 mai 2026, au moins deux morts, plusieurs blessés, ainsi que l’incendie des bureaux de l’Administration générale des douanes (AGD) et de ceux de la Direction générale des impôts (DGI) à Saint-Marc.
Révoltés par « l’indifférence des autorités policières« , malgré les multiples mobilisations organisées pour exiger le démantèlement des gangs « Gran-Grif » et « Kokorat san ras » dans l’Artibonite, les protestataires ont engagé une nouvelle phase de contestation, moins pacifique. Dans la Cité Nissage Saget, des barricades de pneus enflammés, des troncs d’arbres et des carcasses de véhicules ont paralysé la circulation automobile. Visiblement déterminés, les manifestants promettent d’intensifier les mouvements afin d’obtenir des actions rapides contre l’emprise du grand banditisme.
Au chef-lieu du Bas-Artibonite, les activités socio-économiques ont connu un net ralentissement. Les écoles, le grand commerce, le transport public et l’administration publique sont restés largement paralysés. Pour les manifestants, une nouvelle étape de la mobilisation s’impose afin d’interpeller des autorités policières jugées passives face aux exactions des groupes armés.
Le dernier massacre perpétré à Poterie, section communale de Marchand-Dessalines, apparaît comme l’élément déclencheur de cette nouvelle flambée de colère. Aux yeux des protestataires, cet épisode sanglant confirme l’urgence d’une réponse sécuritaire effective dans l’Artibonite, où les populations civiles disent vivre sous la menace permanente des gangs.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

