La République socialiste de Cuba fait face à la pression accrue des États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025. Cette dynamique coercitive s’est intensifiée, il y a quatre mois, avec le durcissement du blocus économique et l’imposition de nouvelles sanctions ciblant l’approvisionnement énergétique de l’île.
Ce blocus énergétique a profondément fragilisé le régime cubain depuis la rupture du partenariat Caracas-Havane consécutive à la chute de Nicolas Maduro au début de janvier 2026 en provoquant des pannes d’électricité chroniques, une réduction des horaires de travail des établissements scolaires, le réaménagement des horaires de travail dans l’administration publique, le ralentissement des transports aériens et terrestres, ainsi qu’une paralysie partielle de l’appareil productif du pays.
Sur le plan judiciaire, Washington a relancé mercredi dernier des accusations contre Raúl Castro (94 ans), en lien avec le ciblage en 1996 de deux avions civils de l’organisation Hermanos al Rescate au-dessus du détroit de Floride.
Cet ensemble de pressions politiques, judiciaires et économiques s’inscrit dans une stratégie multidimensionnelle d’asphyxie visant à fragiliser les fondements du régime socialiste qui défie Washington depuis 69 ans. Parallèlement, le renforcement du dispositif naval américain dans la mer des Caraïbes suscite des interrogations quant aux objectifs géostratégiques à long terme de Pentagone dans la région.
Dans cette perspective, l’instabilité sécuritaire chronique d’Haïti fait l’objet de grilles de lecture géopolitiques corrélant la crise interne de l’État haïtien aux objectifs de projection de puissance américains vis-à-vis de La Havane. Selon cette lecture géopolitique, l’instabilité chronique qui frappe Port-au-Prince offrirait à Washington une marge de manœuvre stratégique et une justification pour accroître sa projection de puissance dans les Caraïbes.
La paralysie des activités civiles de l’aéroport international Toussaint Louverture et le déploiement de forces internationales en Haïti pourraient ainsi servir de couverture au renforcement des capacités américaines de surveillance électronique et de projection régionale, notamment face au verrou cubain.
En raison de la proximité géographique immédiate entre les deux îles — séparées d’à peine 375 kilomètres par le canal du Vent —, le territoire haïtien pourrait, dans l’éventualité d’une escalade prolongée, faire office de plateforme logistique avancée ou de zone de ravitaillement pour les forces américaines.
Dans ce contexte de fortes frictions, la trajectoire du bras de fer entre Cuba et les États-Unis s’impose comme le principal vecteur de reconfiguration de l’équilibre sécuritaire et politique de l’ensemble du bassin des Caraïbes.
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BLECK D. DESROSES/22 MAI 2026

