14 mai 2026
Kontrapèpla appelle à une mobilisation citoyenne autour de la dignité nationale et de l’autodétermination du peuple haïtien
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Kontrapèpla appelle à une mobilisation citoyenne autour de la dignité nationale et de l’autodétermination du peuple haïtien

Kontrapèpla a rendu publique, le 12 mai 2026 à Port-au-Prince, une note de presse intitulée :

« Eleksyon se yon atribi souverèn li pa ka mare nan bòt okipasyon »
(Les élections constituent un attribut de souveraineté qui ne peut être enchaîné dans des bottes d’occupation).

Cette prise de position ferme et sans équivoque s’inscrit dans le contexte de la profonde crise politique, sécuritaire et institutionnelle que traverse Haïti. À travers ce document, l’organisation paysanne et populaire réaffirme avec vigueur le principe de souveraineté nationale et rejette toute tentative d’organiser des élections sous tutelle ou occupation étrangère.

Contexte et message central

Dans une note dense et combative, Kontrapèpla dénonce d’abord la dégradation accélérée des conditions de vie du peuple haïtien. L’organisation évoque la paralysie quasi totale du pays : insécurité généralisée, pénurie de carburant, dysfonctionnement des transports, inflation galopante et misère croissante.

Elle accuse le gouvernement en place d’être illégitime et incapable de répondre aux besoins fondamentaux de la population.

Le cœur du message porte sur la question électorale. Pour Kontrapèpla, les élections ne sont pas un simple exercice technique ou administratif, mais un attribut fondamental de la souveraineté populaire. Elles ne peuvent donc être organisées sous contrainte, sous diktat étranger ou dans un contexte d’occupation.

L’organisation rappelle que toute élection qui ne découlerait pas d’une réelle volonté populaire et d’un cadre institutionnel légitime serait une mascarade destinée à légaliser un pouvoir imposé de l’extérieur.

Critique du processus électoral en cours

La note s’attaque frontalement au projet d’organiser des élections pour le 30 octobre 2026. Kontrapèpla dénonce particulièrement l’enveloppe de 250 millions de dollars évoquée pour financer ce scrutin.

Selon l’organisation, cette somme colossale, au lieu de servir à résoudre les problèmes urgents du peuple — santé, éducation, agriculture et sécurité — risque d’être dilapidée au profit d’intérêts étrangers et d’une élite politique corrompue.

L’organisation met également en garde contre la répétition des erreurs du passé, notamment les expériences post-séisme de 2010, où l’aide internationale et les ingérences extérieures ont souvent aggravé la situation plutôt que de l’améliorer.

Elle rappelle que la souveraineté ne se négocie pas et que le peuple haïtien a le droit et le devoir de décider lui-même de son destin politique.

Position idéologique et appel à la mobilisation

Au-delà de la simple critique, Kontrapèpla propose une vision claire : celle d’une refondation nationale basée sur la souveraineté populaire, la justice sociale et la libération effective du pays.

L’organisation se présente comme une force patriotique et progressiste, prête à s’allier avec toutes les forces vives qui refusent la recolonisation déguisée.

Le texte se termine par un appel solennel à la résistance et à l’unité des patriotes haïtiens :

« Kontrapèpla ap kontinye lanse apèl bay tout patriyòt ak pwogresis pou kale je yo… »

Cette note de presse reflète une ligne politique souverainiste, anti-impérialiste et populaire. Kontrapèpla s’inscrit dans la longue tradition des mouvements haïtiens qui refusent la tutelle internationale, qu’elle soit militaire, financière ou politique.

En centrant son discours sur la souveraineté électorale, l’organisation touche un point sensible de la conscience nationale haïtienne : le rejet historique de toute forme d’occupation ou d’ingérence perçue comme une atteinte à la dignité du pays, première république noire indépendante du monde.

Le ton est ferme, parfois virulent, mais structuré et argumenté. Il vise à sensibiliser non seulement la base paysanne et populaire que représente Kontrapèpla, mais aussi l’ensemble des forces patriotiques du pays.

Cette prise de position intervient à un moment critique où la communauté internationale, à travers divers mécanismes, semble vouloir accompagner ou imposer un calendrier électoral. Face à cela, Kontrapèpla pose une question fondamentale :

Peut-on réellement restaurer la démocratie en violant les principes mêmes de la souveraineté nationale ?

La note constitue donc bien plus qu’une simple déclaration : elle est un manifeste politique qui redéfinit les termes du débat électoral en Haïti en 2026 et appelle à une mobilisation citoyenne autour de la dignité nationale et de l’autodétermination du peuple haïtien.

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