La crise sécuritaire et humanitaire continue de s’aggraver en Haïti, où au moins 1.642 personnes ont été tuées et 745 blessées entre janvier et mars 2026, selon un rapport publié vendredi par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti.
L’ONU décrit une situation des droits humains « extrêmement préoccupante », marquée par l’expansion des violences armées au-delà de Port-au-Prince, notamment dans les départements de l’Artibonite et du Centre. Malgré certaines avancées sécuritaires dans la capitale, les gangs continuent d’imposer leur contrôle dans plusieurs zones à travers assassinats ciblés, enlèvements, extorsions et violences sexuelles.
Le rapport cite notamment l’exécution d’un garçon de 13 ans accusé par un gang d’avoir laissé s’envoler un cerf-volant alors qu’il servait de guetteur. Dans le Bas-Artibonite, des attaques coordonnées menées fin mars contre 16 localités ont fait au moins 83 morts en trois jours.
Les femmes et les adolescentes figurent parmi les principales victimes. Plus de 292 cas de violences sexuelles ont été recensés durant le trimestre, souvent utilisés par les groupes armés comme instrument de terreur.
Selon le BINUH, plus de 69 % des victimes ont été tuées ou blessées lors d’opérations menées par les forces de sécurité contre les gangs, parfois avec l’appui de drones exploités par une société militaire privée. L’ONU évoque également des allégations persistantes d’exécutions sommaires impliquant des policiers.
Face à cette spirale de violences, les Nations Unies appellent les autorités haïtiennes et la communauté internationale à renforcer la lutte contre le trafic d’armes et à accélérer les réformes judiciaires afin d’éviter un nouvel effondrement sécuritaire du pays.

