Le Chef du gouvernement de facto, Alix Didier Fils-Aimé, ex-PDG de HAINET, a joué un rôle clé dans la crédibilisation de l’appel d’offres lancé pour l’attribution de spectre en République dominicaine (un actif public stratégique). En faisant passer rapidement le décret du 31 mars 2026 sur la TNT en Haïti, il a débloqué le spectre côté haïtien, permis à la RD de diminuer les craintes d’interférences, et transformé un vieux contentieux technique en opportunité de coopération.
C’est un exemple rare (si le Premier ministre réussit son pari et que des soumissionnaires importants affluent) où un ajustement réglementaire interne haïtien sert directement les intérêts stratégiques de son voisin, tout en modernisant le secteur audiovisuel haïtien.
Objectifs déclarés et calendrier clé
Le gouvernement dominicain déclare vouloir :
- Encourager l’investissement privé
- Étendre les services mobiles de dernière génération (4G/5G/IMT)
- Garantir une utilisation efficace du spectre
- Répondre à la demande croissante de services de télécommunications
- Réduire la fracture numérique
Calendrier :
- Inscription : jusqu’au 5 mai 2026
- Dépôt des questions : jusqu’au 7 mai 2026
- Réception des offres : 16 juin 2026
- Ouverture des offres économiques : 28 juillet 2026
- Adjudication : août 2026
Participation des entreprises étrangères
Oui, elles peuvent participer. Il s’agit d’une licitation publique internationale, sans restriction de nationalité.
Cependant :
- Respect des exigences techniques et financières obligatoire
- Obligation de créer une société dominicaine en cas de succès
- Participation possible en solo, en consortium ou avec partenaires locaux
En pratique, les principaux candidats seront les opérateurs dominicains (Claro, Altice, Viva), mais une entreprise haïtienne qualifiée peut soumissionner.
Obstacles majeurs
1. Obstacles juridiques et administratifs
- Documents apostillés, traduits et légalisés
- Création obligatoire d’une société dominicaine
- Consortium fortement recommandé (quasi indispensable)
- Coûts élevés (20 000 USD + garanties)
- Délais très courts
2. Obstacles techniques et financiers
- Expérience exigée en 4G/5G (3 à 5 ans)
- Capacité financière importante
- Obligations de couverture territoriale
- Limites de spectre
3. Obstacles politiques et sociaux
- Risque de perception négative (nationalisme)
- Contexte bilatéral fragile
- Contraintes côté haïtien (CONATEL, changes, instabilité)
4. Obstacles opérationnels
- Coordination CONATEL–INDOTEL nécessaire
- Coût élevé des infrastructures
Comparaison avec d’autres investissements haïtiano-dominicains
Des investissements haïtiens existent en RD dans :
- Transport (Terra Bus, Tortug’Air)
- Énergie (GB Energy)
- Tourisme (Hotel Billini, Narai)
- Commerce (Ibex Dominicana, Office Clip)
Points communs :
- Création de sociétés locales
- Partenariats indispensables
- Capital haïtien significatif
Différences :
- Le spectre est un actif stratégique (souveraineté numérique)
- Forte visibilité politique
- Aucun précédent dans les télécoms
Conclusion
Une participation haïtienne serait historique et hautement symbolique. Elle représenterait une première intégration dans un secteur stratégique dominicain.
Mais elle nécessiterait :
- Un consortium solide
- Un soutien diplomatique discret
- Une stratégie irréprochable
Le contexte actuel (dégel + décret TNT) offre une fenêtre unique, mais les obstacles restent importants.
Politiquement, ce projet pourrait transformer un conflit technique en coopération.
Économiquement et socialement, il ouvrirait la voie à une intégration régionale réelle.
Culturellement, il marquerait un pas vers la normalisation des relations entre les deux nations.

