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Hier, jeudi 4 juin 2026, le parking de El Rancho Convention Center à Pétion-Ville, s’est mué en un théâtre de paradoxes pour la 32e édition de Livres en Folie.
L’événement, placé sous le haut patronage de René Depestre à l’occasion de son centenaire, promettait d’être une communion lumineuse autour de plus de 120 auteurs et de quelque 1 100 titres.
Le public, fidèle à sa réputation, a répondu à l’appel en une marée humaine et hétéroclite : professionnels de tous horizons, étudiants en quête de savoir, écoliers, jeunes et aînés s’y sont pressés dans une effervescence d’une rare intensité, presque carnavalesque.
Pourtant, lorsque les portes se sont refermées vers dix-sept heures, conformément au protocole, c’est un parfum de profonde désillusion qui flottait sur la foule . Pour les amoureux du livre, la fête a laissé un goût amer.
Le premier écueil résidait dans l’exiguïté du lieu. L’espace, bien trop exigu pour contenir la ferveur populaire, a transformé la déambulation littéraire en une épreuve physique. On s’y bousculait, comprimé à l’excès, dépouillant la rencontre de la sérénité indispensable à la découverte des œuvres.
À cette promiscuité étouffante s’est greffé un naufrage logistique majeur du côté des maisons d’édition.
Rapidement submergé par l’affluence, le personnel de service a capitulé face au flux, déclenchant l’exaspération de lecteurs condamnés à de longues heures d’attente, souvent en vain, pour de simples commandes.
L’exemple de C3 Éditions fut, à cet égard, des plus éloquents : si sa mécanique publicitaire s’est avérée redoutable en amont, sa structure d’accueil, elle, a totalement sombré.
Non loin de là, Communication Plus, bien que logée à la même enseigne du débordement, est parvenue à maintenir un semblant d’ordre plus ou moins acceptable.
Dans ce paysage saturé, seules les maisons d’édition les moins courtisées offraient encore un havre d’accessibilité aux acheteurs désemparés.
Que l’insécurité chronique qui paralyse le pays restreigne le choix des sites d’accueil est une réalité que nul ne saurait ignorer. Néanmoins, après trente et deux ans d’existence, on était en droit d’attendre une tout autre maturité organisationnelle. Voir les mêmes défaillances se répéter, année après année, s’apparente désormais à un rendez-vous manqué avec l’excellence.
Souhaitons que les organisateurs et les directeurs. ices des Maisons d’éditions prennent leçons du fiasco de cette journée d’hier pour que l’année prochaine, enfin, la logistique s’élève à la hauteur du génie de nos écrivains et de la dignité de nos lecteurs.
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*Bleck D. Desroses / 5 juin 2026*

