Éthiopie : lancement d’un aéroport géant à 12,5 milliards USD, ambition continentale à l’horizon 2030
ADDIS-ABEBA, 25 avril 2026 — Les autorités éthiopiennes ont engagé, en janvier 2026, la construction d’un complexe aéroportuaire d’envergure à Bishoftu, localité située à environ 50 kilomètres au sud-est de la capitale. Estimé à 12,5 milliards de dollars, le projet vise à établir la plus grande plateforme aéroportuaire du continent africain, avec une capacité initiale annoncée de 60 millions de passagers par an à l’horizon 2030.
Présentée par le Premier ministre Abiy Ahmed comme une infrastructure structurante, l’initiative entend répondre aux limites opérationnelles de l’actuel Aéroport international de Bole et repositionner l’Éthiopie comme un hub aérien central en Afrique. À terme, les autorités projettent une extension de capacité à 110 millions de passagers, niveau susceptible de rivaliser avec les principaux aéroports mondiaux.
La maîtrise d’ouvrage est assurée par Ethiopian Airlines, dont le directeur général, Mesfin Tasew, a indiqué que la compagnie financerait environ 30 % de l’investissement. Le reliquat, estimé à près de 8 milliards de dollars, fait actuellement l’objet de négociations avec des partenaires internationaux, notamment issus des États-Unis, de la Chine et de l’Italie.
Au plan stratégique, cette infrastructure vise à corriger une fragmentation persistante du trafic aérien africain, caractérisée par une dépendance aux hubs extra-continentaux tels que Londres ou Dubaï pour les correspondances intra-africaines. En ce sens, le futur aéroport s’inscrit dans la dynamique d’intégration économique impulsée par la Zone de libre-échange continentale africaine.
Le projet architectural a été confié au cabinet Zaha Hadid Architects, avec une conception intégrant des standards environnementaux avancés, incluant l’usage d’énergies renouvelables, la gestion optimisée des ressources hydriques et une valorisation des paysages locaux.
Néanmoins, des préoccupations d’ordre socio-foncier accompagnent le chantier. Des sources concordantes évoquent le déplacement de plus de 15 000 personnes dans la zone d’implantation. Si un programme de réinstallation doté de 350 millions de dollars a été annoncé, des interrogations persistent quant aux modalités d’indemnisation et aux conditions de relogement.
Selon plusieurs analystes, l’impact réel du projet dépendra de variables exogènes, notamment la coordination des politiques publiques, l’amélioration des infrastructures connexes et la stabilité réglementaire à l’échelle régionale.

